Le Nigérian de 29 ans souffrait d’une maladie grave du cœur qui n’avait pas été diagnostiquée. Cette maladie n’est «pratiquement pas» détectable lorsque le patient est vivant, précise le rapport d’autopsie.

La mort est due à un arrêt cardiaque à mettre en lien avec la grève de la faim que le Nigérian avait observé et à son agitation au moment de son renvoi forcé. L’homme avait été ligoté de force pour le faire monter dans l’avion.

Reprise progressive

Les conclusions du rapport ont été transmises aux membres de sa famille. Les vols spéciaux pour exécuter les renvois forcés ont été interrompus après la mort du Nigérian. L’Office fédéral des migrations (ODM) a annoncé en mai leur reprise progressive.

L’ODM a analysé la situation avec les cantons et annoncé des mesures. Ainsi, une équipe médicale sera du voyage lors de vols spéciaux et les cantons devront transmettre les données médicales des personnes à renvoyer.

Le porte-parole de l’ODM Michael Gerber n’a pas voulu préciser la date exacte du prochain vol de renvoi, ni la destination. Seule certitude, ce n’est pas le Nigéria, les renvois vers ce pays restant pour l’heure encore suspendus.

Selon l’ODM en effet, les autorités nigérianes souhaitent d’abord être informées des conditions dans lesquelles leur ressortissant a perdu la vie le 17 mars à Zurich. Le directeur de l’ODM, Alard du Bois-Reymond se rendra personnellement en Afrique occidentale à cette fin.

Equipe médicale

Depuis l’interruption des vols de renvoi, l’ODM a analysé la situation avec les cantons et pris des dispositions afin d’améliorer la sécurité. Ainsi, une équipe médicale sera du voyage et les cantons devront transmettre les données médicales des personnes à renvoyer.

Les directeurs cantonaux de la justice avaient positivement accueilli ces mesures. En même temps, les cantons ont poussé à la reprise rapide des renvois en raison du problème de place. Certains cantons ont dû relâcher des réfugiés déjà en détention en vue de leur expulsion. Les renvois par vols réguliers n’étaient pas concernés.

Examen et observateurs indépendants

Pour «Augenauf», les dispositions envisagées par l’ODM ne donnent aucune garantie que des décès ne se reproduiront plus lors d’expulsions. L’association alémanique de défense des droits humains exige l’arrêt des renvois forcés.

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) demande depuis longtemps non seulement une équipe médicale dans les vols spéciaux, mais aussi des observateurs indépendants, a déclaré le porte-parole Adrian Hauser: «Les renvois doivent se faire dans la sécurité et la dignité pour les personnes concernées en évitant toute violence».

Pour Amnesty International, des méthodes de ligotage dangereuses pour la santé et la vie ont été appliquées le 17 mars, selon les témoignages de certains passagers de l’avion. Cette pratique doit être examinée par une instance indépendante.