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Les détracteurs de l'initiative No Billag passent en tête dans un sondage de Tamedia.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT/KEYSTONE

Service public

«No Billag», le point de bascule

Alors que le oui était encore donné majoritaire en décembre, les Suisses seraient désormais près de 60% à rejeter l’initiative demandant la suppression de la redevance, selon un sondage réalisé par Tamedia

La campagne sur l’initiative «No Billag», qui exige la suppression de la redevance radio-TV, bascule. Alors qu’avant Noël deux sondages donnaient encore le oui clairement en tête, le non l’emporte désormais, selon un sondage du groupe Tamedia: 59% de personnes s’opposent à l’initiative, avec des différences significatives selon les régions. La Suisse romande la balaie à 63%, tandis que la Suisse alémanique ne la rejette qu’à 57%.

Notre dossier: La controverse «No Billag»

Du côté du non, les sondés craignent que la diversité des médias ne soit mise en péril. Ils redoutent aussi qu’un service public de même qualité ne puisse plus être assuré dans toutes les régions linguistiques. En revanche, l’argument massue brandi par la ministre de la Communication Doris Leuthard – la liquidation de la SSR – continue à ne pas être déterminant. Il n’arrive qu’en troisième position des dangers de l’initiative évoqués par les sondés. Apparemment, les gens ne croient guère à l’absence d’un plan B en cas d’acceptation du texte. Quant à la campagne des 34 radios et télévisions privées qui bénéficient d’une quote-part de la redevance, elle semble passer complètement inaperçue pour le moment.

Le soulagement des opposants

De leur côté, les partisans de l’initiative estiment surtout que la SSR est «un colosse qui produit une offre médiocre par rapport à ses dépenses». Ils regrettent que la redevance soit une «mise sous tutelle paternaliste» des citoyens. Enfin, ils précisent vouloir la fin de la redevance, mais pas de la SSR, dont ils souhaitent le redimensionnement.

Les gens se rendent compte que cette initiative extrémiste va trop loin et qu’elle menace la diversité des médias

Béatrice Wertli, secrétaire générale du PDC

A la publication de ce sondage, les détracteurs de l’initiative ont poussé un grand soupir de soulagement. Ils constatent que leur campagne commence à porter ses fruits. «Je suis ravie, se réjouit Béatrice Wertli, la secrétaire générale du PDC. Les gens se rendent compte que cette initiative extrémiste va trop loin et qu’elle menace la diversité des médias.» De plus, le plan B de survie de la SSR présenté la semaine dernière par l’USAM, l’association faîtière des PME, paraît peu crédible. «Ce plan B ne convainc personne, il est même critiqué au PLR, à l’UDC et à l’USAM», constate Béatrice Wertli.

Avec le tapage médiatique que fait Doris Leuthard, ce n’est pas étonnant

Jean-François Rime, président de l’USAM et conseiller national (UDC/FR)

De son côté, Matthias Aebischer (PS/BE), grand avocat du sport et de la culture sous la coupole fédérale, constate que la mobilisation de ces milieux porte. Ces derniers jours, les organisateurs des courses de ski d’Adelboden et de Wengen ont souligné l’importance de la SSR pour donner une visibilité mondiale à leurs événements. Des sportifs comme Lea Sprunger et Carlo Janka se sont aussi manifestés sur les réseaux sociaux. Quant à l’association Cinésuisse, elle diffuse des clips dans les cinémas. «Les gens prennent conscience qu’il n’est cette fois-ci plus question d’envoyer un signal, comme ils avaient pu le faire en juin 2015 à propos du nouveau système de perception de la redevance radio-TV, note le président de Cinésuisse, Matthias Aebischer. C’est l’existence même de la SSR qui est en jeu.»

«Des moyens disproportionnés»

Pour leur part, les partisans de l’initiative ne sont pas franchement surpris que le vent tourne. «Avec le tapage médiatique que fait Doris Leuthard, ce n’est pas étonnant», relève le président de l’USAM et conseiller national (UDC/FR), Jean-François Rime. «Les moyens financiers à disposition sont disproportionnés», regrette-t-il. Il déplore aussi que plus personne ne parle dans cette campagne des «200 millions qu’on vole aux entreprises» par le biais de la redevance.

Lire également: L’influence libertarienne à l’origine de l’initiative «No Billag»

Plus nuancé car s’étant abstenu lors de la votation au parlement, Michaël Buffat (UDC/VD) souligne pour sa part l’habileté tactique de Doris Leuthard consistant à abaisser le montant de la redevance de 450 à 365 francs par an et par ménage. «C’était le geste que la population attendait.» Le conseiller national avertit cependant: «Lorsque je vois des petites communes se prononcer sur cette initiative, je trouve que ses détracteurs commencent à en faire trop, ce qui pourrait se révéler contre-productif pour leur cause.»

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