Pour Hilton International, ce n'est peut-être qu'un répit. Le Tribunal fédéral a accordé à la Société anonyme du Grand Casino (SAGC) à Genève un effet «présuspensif» au recours qu'elle a déposé contre sa mise en faillite le 10 juillet dernier par la Cour de justice genevoise (Le Temps d'hier). Une mise en faillite prononcée sur la pression de UBS et de BNP Paribas, créanciers de Nessim Gaon et propriétaires de l'Hôtel Noga Hilton. Dans l'optique d'un jugement définitif sur l'effet suspensif du recours, les parties ont jusqu'au 18 août pour déposer leurs pièces auprès du Tribunal fédéral.

La société Hilton International, locataire des murs du cinq-étoiles genevois rachetés par UBS et BNP Paribas pour 223 millions de francs en mai 2001 lors d'une vente aux enchères, n'en demeure pas moins inquiète quant à son avenir genevois. Son vice-président pour l'Autriche, la Suisse et l'Europe centrale, Didier Martin, reste laconique: «Nous continuons de négocier avec l'ensemble des partenaires. Nous sommes exploitants des lieux depuis vingt-deux ans, il n'y a aucune raison que cela s'arrête.» Préoccupée, la chaîne hôtelière a tenu à anticiper en proposant aux quelque 400 employés de la SAGC de reprendre tels quels leurs contrats de travail. Un levier susceptible de renforcer la position de Hilton International dans la négociation avec les deux banques.

Si la faillite de la SAGC devait être néanmoins confirmée, Hilton craint dans un premier temps une rupture de l'exploitation qui lui porterait de toute évidence préjudice et pourrait laisser la porte ouverte à des concurrents, notamment américains. Si Hilton n'était pas éjectée, les conditions de location favorables dont la société a bénéficié jusqu'ici au travers de la SAGC pourraient être sensiblement revues à la hausse. Avec un effet patent: en augmentant les loyers, on augmente parallèlement la valeur de rendement et le prix de vente potentiel. Certains évaluent d'ailleurs à 100 millions la plus-value que pourraient toucher au passage les deux banques.