Depuis le Congrès de l'Union astronomique internationale de Prague en 2006, il y a, grosso modo, deux types d'objets dans le système solaire. Huit planètes majeures de Mercure à Neptune (Pluton a été rétrogradée) et quantité d'astres mineurs, les astéroïdes et les comètes.

Les astéroïdes, «des gros cailloux», dit Michel Ory, ressemblent à des étoiles sur les clichés et sont en grande quantité. Près de 400000 ont été identifiés, plus de 180000 sont numérotés au Minor Planet Center. De l'observatoire de Vicques, Michel Ory en a révélé 178, dont 50 numérotés.

L'effectif des comètes est plus restreint. Un peu plus de 2000 répertoriées, mais seulement 200 périodiques. Une centaine d'autres, dont on attend un deuxième passage, sont en procédure d'inscription. Neuf comètes sur dix ne font que passer! «Et les comètes à périodicité courte ne sont peut-être qu'une trentaine», jubile Michel Ory.

La «sienne», enregistrée le 28 août au Minor Planet Center, porte le matricule P/2008 Q2 Ory. Elle est la seule comète périodique découverte cette année dans le monde par un astronome amateur.

Michel Ory est le cinquième Suisse à avoir débusqué de tels corps célestes, après Philippe Loys De Chesaux au XVIIIe siècle, Emile Schaer, Paul Finsler et Paul Wild, ancien directeur de l'Institut d'astronomie de l'Université de Berne, au XXe siècle, mais avant 1990.

La coma de la comète Ory a la taille de la Terre, elle a été observée à 100 millions de kilomètres (le Soleil est à 150 millions de kilomètres). Elle s'approche de la Terre, «sera cinquante fois plus brillante à fin octobre début novembre», prédit Michel Ory. Son orbite est elliptique, coupe celle de Mars et flirte avec celle de Jupiter, avec une périodicité de six ans. «Rendez-vous compte, Halley a une périodicité de 75 ans. Je reverrai ma comète en 2014», fanfaronne Michel Ory.

Il ne sera pas le seul. Aussitôt localisée et annoncée, elle a suscité un vif intérêt partout dans le monde. «La nuit de son immatriculation, elle a été observée d'Allemagne, d'Italie, de Californie, du Kansas, de Nouvelle-Zélande et de Russie. Après 48 heures, il y avait 33 mesures faites dans le monde - j'ai produit les dix premières -, septante après 72 heures», raconte Michel Ory. Ajoutant: «Les astronomes professionnels ne font pas seulement des observations pour leur plaisir. Cela signifie que cet objet passionne les scientifiques.»