Les victimes de racisme et de discrimination en Suisse sont toujours plus nombreuses à se déclarer: 352 cas ont été enregistrés l’an dernier, soit une hausse de plus d’un quart sur un an.

Cette hausse des cas annoncés dans les 22 centres de conseil (+80 cas par rapport à 2018) ne signifie pas forcément que le racisme a progressé dans les mêmes proportions dans la société, relève le rapport publié lundi par la Commission fédérale contre le racisme (CFR). Elle peut s’expliquer par une meilleure sensibilisation des personnes concernées ou un meilleur accès aux centres de conseil.

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Il n’en demeure pas moins que les cas annoncés ne constituent que la pointe de l’iceberg, relève le rapport de la CFR. Après la xénophobie en général (145 cas), le racisme anti-Noirs est le motif de discrimination le plus fréquemment signalé. L’an dernier, 132 cas ont été rapportés. L’hostilité contre les musulmans est aussi fréquente, avec 55 cas.

Extrêmisme de droite en hausse

Le rapport révèle aussi une augmentation significative de l’extrémisme de droite (36 cas). Un centre de conseil a ainsi recueilli des incidents extrémistes commis par des élèves dans une commune: diffusion de symboles d’extrême droite, salut hitlérien et agressions verbales et physiques contre un jeune Noir.

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Cette croissance de cas relevant de l’idéologie d’extrême-droite doit être prise au sérieux, explique la présidente de la CFR Martine Bruschwig-Graf en préambule du rapport. Les événements survenus à l’étranger montrent que cette tendance ne doit pas être sous-estimée, estime-t-elle.

La plupart des discriminations se sont produites dans l’espace public (62 cas). Les incidents sur le lieu de travail suivent avec 50 cas. Les autres lieux fortement touchés sont le voisinage (43 cas), la formation, l’école ou les crèches (39 cas), ainsi que l’administration et la police (37 cas).

Beaucoup d’insultes

L’inégalité de traitement est la forme de discrimination la plus fréquemment citée avec 127 cas, suivie par les insultes avec 116 cas. Dans un tiers des incidents, il s’agissait de discrimination multiple, combinant discrimination raciale et discrimination en raison du statut de séjour (66 cas) ou du sexe (40 cas).

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En 2019, les centres de conseil ont aussi recensé 23 cas de profilage racial. Ce terme désigne les contrôles d’identité effectués par la police ou les gardes-frontières sur la base de caractéristiques propres à un groupe de personnes comme la couleur de peau, la langue, la religion ou l’origine ethnique.