Décidément, Genève n'arrête pas de collectionner les bons résultats. Après les comptes de la Ville, c'est au tour des responsables de Genève Tourisme d'afficher un large sourire. L'année touristique 2000 s'est avérée très prospère. Les hôtels genevois, toutes catégories confondues, ont enregistré 2 345 000 nuitées, soit 160 000 de plus qu'en 1999. La croissance se chiffre à 7,4%. «C'est la plus forte qu'ait connue Genève depuis 1981», jubile le président de Genève Tourisme, Christian Rey.

La reprise économique est bien entendu l'un des premiers facteurs à mettre au compte de cette embellie. L'appréciation des monnaies étrangères – le dollar notamment – par rapport au franc suisse a aussi contribué à rendre la place touristique genevoise encore plus compétitive. «Mais ces explications ne sont pas suffisantes», souligne le directeur de Genève Tourisme, François Bryand. «Le phénomène Easyjet y est aussi pour quelque chose. Plusieurs lignes aériennes reliant Londres, Liverpool et Nice à Genève ont permis une augmentation sensible du nombre de touristes en provenance de ces pays», ajoute-t-il. Les nuitées de ressortissants du Royaume-Uni ont, par exemple, augmenté de 15%. François Bryand précise que la politique de marketing de ces dernières années porte également ses fruits.

Les Suisses, alémaniques en particulier, représentent toujours une clientèle importante. Le nombre de leurs nuitées a pourtant baissé par rapport à 1999, année où s'est tenue, il est vrai, la grande foire de Telecom.

Si en 2000, la clientèle du Moyen-Orient a connu une forte hausse, à l'instar de celle en provenance de Russie (47,5% de progression), les responsables de Genève Tourisme comptent beaucoup à l'avenir sur le potentiel énorme que représente l'Europe de l'Est. De la Chine, ils misent sur une croissance de 33% ces prochaines années. Mais pour l'heure, l'octroi de visas par Pékin pose toujours problème. L'objectif est d'atteindre 2,5 millions de nuitées d'ici à 2003. Pour François Bryand, «même si le tourisme reste un secteur fragile, une progression de 6,6% en trois ans semble réaliste».