Le dernier sondage confirme la tendance: l'initiative «pour une caisse maladie unique et sociale» sera sans doute refusée le 11 mars.

Sur le plan fédéral, l'initiative serait désormais rejetée par 52% des Suisses contre 46% le mois dernier, selon le sondage publié mercredi. Le clivage linguistique est toujours présent, mais de façon plus modérée. La Suisse romande accepterait l'initiative avec une majorité relative de 46% contre 44% au mois de janvier. Mais le camp du non augmente davantage en passant de 28 à 39%.

De l'autre côté de la Sarine, l'initiative se heurterait à un sérieux refus, avec 58% de non. Par contre, la Suisse italienne, comme à son habitude pour les questions d'assurances sociales, se démarque avec une majorité absolue de oui à 54%. Mais là encore le oui recule de 3% par rapport au dernier sondage. Ces 3% ne passent pas du côté du non mais des indécis.

Le taux de participation est en augmentation, passant de 42% le mois dernier à 52%. En effet, malgré le scrutin quasi joué d'avance, l'enjeu de cette votation semble susciter les passions, tant du côté des initiants qui se mobilisent davantage pour essayer de renverser les prédictions que du côté des assureurs qui craignent une sanction de la population.

A ce sujet, l'institut indique que 59% des 1226 sondés attestent que la méfiance à l'égard des caisses maladie et le mécontentement inspiré par le système actuel ne sont pas des arguments suffisants pour justifier un changement complet de l'organisation.

Un flou sur les primes

La position des socialistes s'accentue en passant de 51 à 64% en faveur de l'initiative. Les électeurs bourgeois, quant à eux, UDC en tête avec 71%, refusent massivement.

L'argument principal qui semble justifier le probable refus du peuple est le flou qui entoure le calcul des primes en fonction du revenu. Les sondés s'accrochent plus aux chiffres diffusés par Santésuisse qu'à ceux publiés par les initiants. Une majorité de non se dégage dans toutes les catégories de revenu supérieur à 3000 francs par mois.

L'issue du scrutin sur le plan national semble désormais claire. La dernière inconnue à lever est le résultat en Suisse romande. Cette initiative aura au moins déclenché un débat essentiel sur le système de santé en Suisse. La question sera de savoir si les adversaires de cette initiative entreprendront les nombreuses réformes promises.

Le sondage a été réalisé pour SSR idée suisse par l'institut de recherche gfs.bern auprès de 1226 Suisses issus des trois principales régions linguistiques entre le 19 et le 24 février. La marge d'erreur est de+/- 2,9%.