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Proportionnellement, la fréquence des accidents diminue en montagne.
© ANTHONY ANEX / Keystone

Accidents

Non, la montagne ne tue pas plus qu’avant

A la mi-juillet, le nombre de morts en montagne a déjà atteint les chiffres des années précédentes en Valais. Le secrétaire général de l’Association suisse des guides constate pourtant une évolution positive

Le chiffre est particulièrement élevé. Depuis le début de l’année, 40 personnes ont perdu la vie en montagne en Valais. En six mois et demi, le nombre d’accidents mortels a déjà atteint la moyenne des années précédentes, selon le décompte effectué par Le Nouvelliste. Pour Pierre Mathey, secrétaire général de l’Association suisse des guides de montagne, il n’y a pourtant rien d’alarmant.

«Ce bilan ne fait pas de sens, s’agace Pierre Mathey, car il prend en compte un hiver particulièrement meurtrier.» Entre le 1er janvier et le 30 avril, 31 personnes se sont en effet tuées lors d’accidents en montagne. Plusieurs catastrophes comprenant de nombreuses victimes ont notamment influencé ces statistiques à la hausse. C’est entre autres le cas du drame survenu au-dessus d’Arolla, fin avril, qui a coûté la vie à sept personnes. Elles faisaient partie d’un groupe, pris dans une tempête, qui n’a pas réussi à rejoindre le refuge de montagne situé à quelques centaines de mètres de lui.

Un risque moins élevé

Pierre Mathey, lui-même guide de montagne, ne conteste pas que dans l’absolu le nombre des accidents mortels stagne, voire peut augmenter sur une courte période. Mais il affirme que, proportionnellement, leur fréquence diminue, puisque le nombre d’adeptes de la montagne ne cesse d’augmenter. «En plaçant dans la balance ces deux éléments, le risque par journée pratiquée est beaucoup moins élevé aujourd’hui qu’il y a 20 ou 30 ans», résume-t-il.

Cette «évolution positive», selon ses propres termes, est due à une amélioration constante des outils de communication et de prévention. Et l’arrivée des nouvelles technologies n’y est pas étrangère. «Les portables, les prévisions météorologiques toujours plus précises, les alertes en cas de tempête imminente sont autant d’éléments qui n’existaient pas il y a encore quelques années, souligne Pierre Mathey. Les personnes qui partent en montagne sont donc beaucoup mieux informées que par le passé et ça ne va aller qu’en s’améliorant.» Le guide ne craint donc pas une progression du nombre d’accidents mortels en montagne dans les années à venir.

Amélioration à double tranchant

Mais cette amélioration des sources d’information est à double tranchant. Si elle peut être bénéfique, elle se révèle parfois néfaste pour certains adeptes de la montagne, qui confondent ces outils de prévision avec la réalité et qui en oublient le bon sens ainsi que la réalité du terrain, primordiale en montagne. Cela engendre une «sensation de fausse sécurité», fulmine Pierre Mathey, qui situe la source de ce changement dans la volonté de la société de vouloir tout normer et réglementer. «La population oublie qu’en montagne il n’y a pas de règle et qu’il existera toujours une part d’imprévisibilité», rappelle-t-il.

Aujourd’hui, tous les moyens sont bons pour ne plus être responsable de ses actes

Pierre Mathey, secrétaire général de l’Association suisse des guides de montagne

Dans une sorte de bulle, certains adeptes de la montagne se croient ainsi à l’abri de toute mésaventure. Quand un accident survient, ils n’en comprennent pas les raisons. «Ils vont toujours chercher une porte de sortie pour se déresponsabiliser», illustre Pierre Mathey. S’ils sont des victimes, ils vont chercher des coupables et pointeront par exemple du doigt le guide qui, selon eux, n’aura pas fait son travail. En revanche, s’ils sont des acteurs, rescapés du drame, ils auront tendance à chercher des boucs émissaires, que ce soit les prévisions météorologiques ou les conditions d’enneigement. «Aujourd’hui, tous les moyens sont bons pour ne plus être responsable de ses actes», se désole Pierre Mathey.

Le drame d’Arolla illustre parfaitement ces propos. La polémique autour du guide qui accompagnait le groupe, décédé dans l’accident, n’a cessé d’enfler durant les jours qui ont suivi la catastrophe. L’un des rescapés l’a, par exemple, chargé en expliquant à la presse qu’il était totalement perdu, qu’il n’avait pas de GPS et que son téléphone satellitaire ne fonctionnait pas. Des déclarations qui n’ont toujours pas été confirmées par l’enquête du Ministère public, qui n’est pas encore terminée.

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