Le Temps: Les adversaires de la 5e révision estiment que celle-ci fait la part trop belle aux employeurs…

Thomas Daum: Ils ne réalisent pas ce que certaines innovations vont représenter pour les employeurs. Ceux-ci seront intégrés dans la détection précoce des cas d'invalidité et les mesures à prendre. Ils auront un devoir légal de coopérer avec les instances compétentes. Pour les entreprises, la tâche sera lourde. Mais pour les personnes concernées, toute réintégration dans le marché du travail est une solution meilleure que le versement d'une rente. La révision prévoit également des mesures incitatives pour encourager les employeurs à engager des personnes handicapées.

– L'OCDE juge pourtant que les obligations pesant sur les employeurs devraient être renforcées si l'on veut que la révision soit vraiment efficace. Ce n'est pas votre avis?

– Si l'on cite l'OCDE, il faut aussi souligner qu'elle classe la Suisse en tête des pays industrialisés pour l'intégration des handicapés dans le monde du travail. Des quotas ou des obligations supplémentaires à charge des employeurs seraient contre-productifs et ne serviraient pas l'objectif consistant à maintenir le plus de personnes possible dans le marché du travail.

– Seriez-vous favorable à un système de bonus/malus sur les primes de l'AI payées par les employeurs, comme le suggèrent les experts de l'OCDE?

– Non. L'assurance invalidité est destinée à la totalité de la population, et non, comme l'assurance chômage, aux seules personnes qui travaillent. Les employeurs sont d'accord d'assumer dans ce cadre une responsabilité sociale, mais pas d'être considérés comme étant la cause de l'invalidité de leurs employés. Une intervention supplémentaire dans le marché du travail serait néfaste.