Elections fédérales

 Norman Gobbi disqualifié par les socialistes

D’emblée le groupe socialiste a jugé que le candidat tessinois était inéligible en raison de son appartenance à la Lega. Aucun des grands partis ne recommande un candidat

L’élection au Conseil fédéral s’annonce très mal pour le candidat tessinois Norman Gobbi, ce mercredi matin. Le groupe socialiste, à l’unanimité, l’a déclaré inéligible en raison de son appartenance à la Lega. «Un parti qui dénigre systématiquement les institutions, qui diffame ses adversaires politiques et entretient le racisme. Il n’aura aucune voix socialiste», a averti le président du groupe, Roger Nordmann à l’issue de l’audition des trois candidats.

Aucun des trois prétendants à la succession d’Eveline Widmer-Schlumpf n’a d’ailleurs convaincu les socialistes qui s’étaient finalement décidés à les auditionner. « C’est un aveu de faiblesse de la part de l’UDC», selon le président du PS Christian Levrat.  Norman Gobbi parce qu’a aucun moment il n’a pris ses distances de l’attitude injurieuse de la Lega et de son support médiatique, Il Matino della domenica. Thomas Aeschi parce qu’il se présente comme un fils de Christoph Blocher et de Hans-Rudolf Merz. Guy Parmelin parce qu’il s’est montré terne et imprécis et que, malgré douze ans au Conseil national, il n’a pas laissé une empreinte indélébile.

Comme le PDC, le PS doit définir sa stratégie à 7h. ce mercredi matin, juste avant le début de la session de l’Assemblée fédérale. Pour l’instant, si la candidature de Norman Gobbi est plombée, les chances des deux autres candidats paraissent s’équilibrer.  D’une part le PDC a confirmé vouloir élire l’un des trois candidats officiels de l’UDC. Avec un avertissement sibyllin du président du groupe, Filippo Lombardi : «tant que le ticket reste en l’état ». Si tel n’était pas cas, le PDC demanderait une interruption de séance. Mais le président tessinois a refusé de s’expliquer sur le sens de son message. 

De son côté, le PLR a renouvelé son intention de ne voter que pour un des un des  trois noms présents sur le ticket de l’UDC. Mais, faute de pouvoir se mettre d’accord sur l’un d’eux, il a laissé la liberté de vote.

 Si la rumeur prête au camp rose-vert l’intention de miser sur le Schaffhousois Thomas Hurter pour jouer le rôle de trouble-fête,  le PLR refuse en tout cas de s’y prêter.  L'UDC schaffhousois alimente la rumeur par son comportement. Il refuse de faire le moindre commentaire sur ce qui pourrait se passer mercredi et il n'aurait pas participé à la séance du groupe parlementaire mardi. C'est déjà lui qui avait été interrogé le plus longuement lorsqu'il a vainement défendu sa candidature devant son groupe parlementaire.

Quoi qu'il en soit, le chef du groupe libéral-radical, Ignazio Cassis, exclut de lui tendre les bras. «Nous ne sommes pas une terre d'asile pour un conseiller fédéral qui aurait été exclu de son parti», prévient-il. De leur côté les Vert’libéraux sont divisé, une majorité des sept élus soutiendra Norma Gobi, la minorité estimant que son appartenance à la lega est un handicap. Quant au PBD, il élira l’un des candidats officiels, mais sans recommandation de vote.

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