Norwin K. Voegeli est ce qu’on appelle un facilitateur, un ouvreur de portes. Ce Bernois de 54 ans a travaillé pendant douze ans chez Siemens, en Suisse, en Allemagne, dans le Sud-Est asiatique, en Afrique du Sud, en Australie, en Syrie, en Arabie saoudite et aux Etats-Unis. A New York, la multinationale allemande lui a confié la responsabilité de l’automatisation de la signalisation ferroviaire pour le transport de personnes. Destinée à renforcer la sécurité, cette transformation était d’autant plus nécessaire que de graves accidents de train avaient endeuillé le réseau nord-américain, à Los Angeles et à Washington.

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Le potentiel des véhicules autonomes

Un jour, cet ingénieur formé à Berthoud, marié et père de deux enfants, grand amateur de kitesurf et de vélo, a eu envie de voler de ses propres ailes, ou plutôt de rouler sur ses propres rails. En Floride, où il réside avec sa famille, il a fondé sa propre société, United Rail, en 2012. Elle a son siège à Jacksonville et dispose d’une antenne au Canada, à Toronto. Elle figure sur la liste des 100 sociétés ayant enregistré la croissance la plus rapide en Floride entre 2016 et 2017.

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United Rail accompagne les sociétés étrangères, notamment suisses, qui ciblent le marché américain, complexe et difficile, notamment à cause du Buy America Act, qui fixe des quotas minimaux de production sur sol américain. Il les représente aux Etats-Unis et leur apporte le soutien logistique nécessaire. Siemens est l’un de ses clients, Stadler également. Désormais, Norwin K. Voegeli tente aussi d’ouvrir la porte du marché américain à une innovation dont on parle de plus en plus en Europe: les véhicules autonomes. Il a conclu un partenariat avec CarPostal. «Nous souhaitons apporter cette expérience aux Etats-Unis. Le potentiel nous semble très grand», confie-t-il.