Les Centres sociaux protestants de Genève, Vaud, Neuchâtel et du Jura bernois ont lancé jeudi une campagne de collecte de fonds. Pour appuyer leur demande auprès des donateurs, ils ont axé leur appel sur le thème «le chômage et les dérives du monde du travail». Selon Gabriel de Montmollin, coordinateur de la campagne et directeur du Centre vaudois, «la situation financière des CSP n'est pas préoccupante», même si «leurs budgets fragiles s'appuient à près de 40% sur des dons».

Le Temps: Vous lancez une vaste campagne de collecte de dons intitulée «Avec trois ronds on fait beaucoup». Cela signifie que vous avez des difficultés financières?

Gabriel de Montmollin: La situation financière des Centres sociaux protestants (CSP) n'est pas préoccupante. Il n'y a pas de menace sur des postes. Il est vrai que notre budget est toujours fragile, car on dépend de la situation sociale ambiante. Dans le canton de Vaud, nos activités s'appuient sur 40% de dons privés, ce qui représente 2,5 millions de francs par an.

– Pour quelle raison avez-vous choisi le thème du chômage et du travail précaire pour illustrer votre campagne de collecte de dons?

– Parallèlement à la recherche de financement, nous braquons le projecteur sur nos activités. Cela fait plusieurs années que les Centres sociaux protestants s'unissent dans certaines opérations. Nous nous sommes rendu compte que, dans tous les centres, la plupart des problèmes rencontrés par le biais de nos consultations concernaient le chômage et le travail précaire avec des conséquences sur l'endettement, sur la famille et sur la santé. Avec l'argent que nous recevons, nous faisons le plus de choses possible pour lutter contre cette précarité.

– Votre campagne intervient après les importantes collectes pour le tsunami et en même temps qu'Action de carême. Ne craignez-vous pas que les gens en aient assez de donner?

– C'est vrai que nous sommes nombreux à collecter des fonds. Mais nos indicateurs démontrent que nos donateurs sont particulièrement sensibles à notre action, parce que nous nous préoccupons de la précarité ici, en Suisse, et pas d'une situation à l'étranger. Dans le canton de Vaud, nous avons 19 000 donateurs. Nous remarquons également une progression du montant récolté grâce aux dons. Même s'il y a moins de dons très importants, les donateurs sont beaucoup plus nombreux.

– Votre action est reconnue. Mais n'êtes-vous pas en train de vous substituer aux institutions sociales étatiques?

– Les gens qui s'adressent à nous – 10 000 l'an passé dans le canton de Vaud – sont en situation de précarité, mais pas encore à l'assistance sociale. Grâce à nos services sociaux et de conseil juridique, nous agissons en prévention, comme une sorte de filet pour éviter que ces personnes ne partent à la dérive.