Fondée en 2016, l'association DécadréE, qui se bat pour des médias plus égalitaire dénués de tous stéréotypes de genre, sort de premiers chiffres quant à la manière dont les journaux et télévisions romands traitent les violences sexistes. Sur une échelle allant de -1 à +1, les médias obtiennent une moyenne de 0,06. En comparant avec une note à l'école, cela correspondrait à un trois sur six. 

Suite à son manifeste sorti en novembre 2018, cette association a lancé en février 2019 une veille qui observe onze médias: Le Courrier, lematin.ch, 20 Minutes, la Tribune de Genève, 24Heures, Le Temps, Le Nouvelliste, La Télé, Léman Bleu, Canal 9 et RTS info. «Avant de proposer des solutions, notre but est d'abord d'approfondir le débat en proposant une analyse détaillée», précise Valérie Vuille, la directrice de l'association. 

Violences minimisées

Premier bilan: sur 211 articles analysés, 113 contiennent des idées reçues sur les violences faites aux femmes, alors que seulement 32 ont un caractère préventif. Ces chiffres se dégradent encore si l'on s'en tient uniquement aux faits divers, qui représentent la majorité des articles analysés. Dans 54% des cas, l'article contient des éléments «problématiques», selon l'association. «En parlant de «drame familial ou passionnel» dans un cas de viol ou de meurtre, les médias minimisent les violences faites aux femmes. Ils occultent les mécanismes de domination en place dans une société patriarcale», déplore Valérie Vuille. 

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L'association suit attentivement les médias depuis sa création. «Nous savions qu'il y avait des problèmes, mais les chiffres montrent l'ampleur du phénomène», constate-t-elle. Elle espère désormais que ce premier bilan fera réagir les rédactions et que l'évaluation sera plus positive au printemps prochain.