Comme attendu (Le Temps du 19 décembre), le Grand Conseil va être saisi d'un exposé des motifs dans lequel le Conseil d'Etat réclame le report à la fin de 2004 du vote de l'initiative libérale sur les notes. Cheffe du Département de la formation et de la jeunesse (DFJ), Anne-Catherine Lyon a convaincu ses collègues, mais le débat parlementaire s'annonce intense. C'est au nom de la pacification de l'école et de l'achèvement complet de la réforme EVM que la cheffe du DFJ demande ce report de dix-huit mois. Ce n'est qu'en août 2004 que toutes les années scolaires vaudoises auront vécu le changement, et Anne-Catherine Lyon juge qu'il faut cet achèvement pour que le peuple se prononce en connaissance de cause. Elle estime qu'il s'agit là d'un axe essentiel de la réforme.

Elle fait aussi valoir le souhait – fortement exprimé par les associations d'enseignants – de surseoir aux continuels changements qui agitent la scolarité cantonale. S'il est accordé, le délai doit enfin être mis à profit pour tenir (en juin prochain puis en principe au début de 2004) deux journées de réflexion sur le sujet des évaluations. Anne-Catherine Lyon compte y associer tous les intéressés à l'école – y compris les initiants – et en tirer la matière d'un éventuel contre-projet.

Actuellement l'école vaudoise ne connaît ni notes ni moyennes. Des «codes chiffrés» – décriés pour la confusion qu'ils induisent – ont toutefois été réintroduits de la 7e à la 9e année. L'initiative libérale réclame des notes dès la 3e année, et, dans un communiqué, ce parti proteste sur le fait qu'il n'y a aujourd'hui ni continuité ni stabilité dans l'évaluation d'EVM. Il souligne qu'il veut une adaptation technique, porteuse de clarification, qui ne remet pas en question la réforme. A son sens, un délai de six mois permettant de voter cet automne serait suffisant.