Université de Lausanne

Nouria Hernandez: «Je veux pousser l’excellence»

La biologiste a été choisie jeudi soir par le Conseil de l’Université de Lausanne pour succéder à Dominique Arlettaz en 2016. Elle sera la première femme à occuper ce poste à la tête de l’alma mater vaudoise. Entretien

Nouria Hernandez prendra la tête de l’Université de Lausanne le 1er août 2016. La biologiste a été élue jeudi soir par le Conseil de l’alma mater parmi les trois candidats présélectionnés; sa nomination devrait être entérinée sans heurt par le Conseil d’Etat vaudois l’automne prochain.

Spécialiste de la biologie moléculaire, directrice du Centre intégratif de génomique (CIG) de l’Université de Lausanne de 2005 à 2014, membre du comité central de l’Académie suisse des sciences naturelles entre 2008 et 2014, la future rectrice sera la première femme à occuper ce poste à l’Unil. Elle succédera à Dominique Arlettaz, qui aura dirigé l’institution durant 10 ans.

Le Temps: Vous venez d’apprendre votre élection, comment vivez-vous ce moment?

Nouria Hernandez: Je me prépare à une très belle aventure. Je vais apprendre un nouveau métier, mais j’ai le temps puisque je prendrai mes fonctions à l’été 2016 seulement. C’est fantastique de pouvoir diriger une université, qui a non seulement pour mission l’enseignement et la recherche, mais également de créer le savoir pour être utile à la société. Parmi les institutions que l’on peut diriger, il n’y en a pas de plus belle que l’université.

Quel est votre programme? Entendez-vous vous inscrire dans la continuité de votre prédécesseur?

Mes valeurs et mes intentions sont en ligne avec ce qui a été fait jusqu’à maintenant. Je compte aller plus loin, mais dans la même direction. L’une des choses qui m’enthousiasme est par exemple de travailler sur la durabilité et la maîtrise de notre avenir. L’Université de Lausanne est l’une des rares qui ait un dicastère qui s’occupe de durabilité.

Pensez-vous en priorité aux aspects environnementaux?

Pas seulement, mon discours est plus large. Je fais allusion au fait que notre société est basée sur un modèle de croissance infinie. Cela a marché longtemps, mais ne peut fonctionner toujours car nous ne vivons pas dans un monde dans lequel les ressources sont infinies. Il faut donc réfléchir aux moyens de réformer la société sous des aspects aussi bien politiques, qu’économiques, religieux, techniques ou biologiques. C’est une réflexion interdisciplinaire.

Vous êtes une scientifique, quel message adressez-vous aux autres facultés?

Je ne suis pas étroite d’esprit: ce n’est pas parce que je suis biologiste que je ne m’intéresse qu’à la biologie. Mon message est le suivant: à l’université et quelles que soient les facultés, je veux pousser l’excellence. Nous devons être encore meilleurs.

Vous avez passé une partie de votre carrière académique outre-Atlantique, comme professeure de la Watson School of Biological Sciences à Cold Spring Harbor. Quel enseignement principal rapportez-vous des Etats-Unis?

Les Etats-Unis m’ont appris l’enthousiasme et une foi très grande dans le pouvoir de l’individu. C’est très stimulant et j’ai clairement été influencée par cela.

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