Professeurs ou membres du conseil de fondation, tout le monde semble d'accord: l'Institut universitaire de hautes études internationales doit abandonner le bachelor (licence) et se concentrer sur les études post-grade de master et de doctorat. C'est la décision de principe que le nouveau conseil de fondation de l'IUHEI a prise lors de sa première séance vendredi dernier. Une décision qui découle notamment de la recommandation des six experts internationaux qui ont évalué l'établissement genevois l'an dernier (LT des 16.10 et 22.12.2003).

Ce changement répond à la nouvelle configuration académique provoquée par la déclaration de Bologne, instituant un cursus à trois niveaux – 3 ans de bachelor, 2 ans de master et 3 ans de doctorat. Mais une raison beaucoup plus prosaïque sous-tend aussi la volonté de HEI de se «débarrasser» du programme de licence: sa capacité d'accueil. En attendant la Maison de la paix censée voir le jour ces prochaines années, 900 étudiants se répartissent dans des classes vétustes. Une situation qui porte préjudice aux conditions d'enseignement.

Question de fond

Cette orientation soulève une question de fond ayant trait au passage du bachelor au master. L'Institut de la Villa Barton va-t-il instituer des masters sélectifs ou accessibles à tout titulaire de bachelor? Si aucune réponse n'est donnée pour l'heure, des discussions avec l'Université de Genève devraient apporter des éclaircissements.

Lors de sa séance de vendredi, le conseil de fondation a par ailleurs entériné la nomination des représentants «institutionnels», parmi lesquels le directeur de la DDC, Walter Fust, pour le Département fédéral des affaires étrangères, et le secrétaire d'Etat à la science et à la recherche, Charles Kleiber, pour le Département fédéral de l'intérieur. Quant à la désignation d'un directeur, un comité de nomination formé par Charles Kleiber, le journaliste Roger de Weck et la professeure de Harvard Iris Bohnet a été constitué.

Un million de déficit

Une préoccupation n'a toutefois pas manqué d'interpeller le conseil de fondation: le déficit de HEI s'élève à près d'un million de francs. «Une fois la convention d'objectifs conclue, des négociations devraient permettre de résoudre le problème», rassure Cornelio Sommaruga, président ad interim du conseil de fondation. Ces difficultés financières ne sont pas sans rappeler les plaintes des milieux des hautes écoles spécialisées (HES), qui avaient dû, l'an dernier, se rendre à l'évidence: la Confédération n'avait pas honoré sa promesse de financer les HES à hauteur d'un tiers, suscitant l'ire des cantons.