Après la reddition de Max Göldi, que doit faire la Suisse pour obtenir sa libération? Doit-elle satisfaire à une ou des conditions qu’elle aurait jusqu’à présent refusées? Seule certitude, les discrètes négociations entre Berne et Tripoli continueront sous l’arbitrage européen.

Depuis l’arrestation à Genève, le 15 juillet 2008, d’Hannibal Kadhafi et de sa femme Aline, puis celle, deux jours plus tard à Tripoli, des deux Suisses Max Göldi et Rachid Hamdani, la Libye n’est pas restée les mains vides. Elle a d’abord obtenu le retrait des plaintes visant le couple Kadhafi. La justice genevoise a classé leur inculpation pour lésions corporelles simples, menaces et contraintes à l’endroit de deux domestiques dès que les victimes y ont consenti. C’était l’une des deux conditions d’emblée posées par Tripoli pour normaliser les relations avec la Suisse.

La deuxième condition est la présentation d’excuses officielles par le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, le 20 août 2009. Cela ne suffit pourtant pas à obtenir le retour des deux Suisses. Le président Merz signe d’ailleurs à Tripoli un accord qui ne mentionne même pas les deux otages. En revanche il accepte une revendication libyenne de la première heure: la création d’un tribunal arbitral international.

Dans la logique des Libyens, cette Cour établira les fautes commises à Genève lors de l’arrestation, illicite selon Tripoli, du couple Kadhafi. Ce pas, espèrent les Libyens, ouvrira la voie à des sanctions ­contre les policiers. Des sanctions toujours rejetées par les autorités genevoises et écartées par la Confédération.

Puis la parution, dans la Tribune de Genève, des photos d’identification judiciaire d’Hannibal Kadhafi pousse Tripoli à durcir le ton. La ­Libye kidnappe les deux Suisses jusqu’alors réfugiés à l’ambassade suisse et les détient une cinquantaine de jours dans un lieu secret. En représailles, la Suisse déclare caduc l’accord prévoyant le détour par le tribunal arbitral.

Tripoli a aussi plusieurs fois réclamé un geste financier. Il a été question que la Suisse rembourse les frais d’avocat du couple Kadhafi à hauteur de 477 477 francs avec intérêts et qu’elle paye au titre de réparation du tort moral prétendument subi 20 000 francs à chaque époux Kadhafi et 10 000 francs à leur fils de 3 ans. En décembre 2008, la Libye faisait aussi savoir qu’elle réclamait une indemnité symbolique de 300 000 francs à verser à l’Unicef.