Ils ont beau prétendre s'inscrire dans le long terme, les plans directeurs cantonaux sont des denrées périssables. Ainsi, celui que les autorités vaudoises ont avalisé en 1987 est déjà dépassé. Le Conseil d'Etat a donc décidé de le réviser et se livrera à l'exercice dans un esprit généreux: il souhaite que cet instrument soit suffisamment souple pour coller au plus près des besoins de tout le monde. Pour qu'il soit avalisé par les mêmes députés qui auront lancé sa mise en chantier, le Conseil d'Etat prévoit l'adoption du nouveau plan en décembre 2001, avant la fin de la législature.

Conçu pendant les prospères années 80, le précédent plan cherchait à décentraliser les services de l'Etat pour les rendre accessibles même dans les régions les plus reculées. Désormais, le mot d'ordre est au développement durable. Cette notion veut que toutes les implications des projets soient prises en compte en permanence: les questions écologiques (survie des espèces, santé), les critères de solidarité et d'équité sociale (bien-être), aussi bien que l'aspect économique (investissements, rentabilité).

Cet objectif général, assuré par la désignation d'une commission extra-parlementaire, passera par trois objectifs: le maintien du patrimoine et des conditions de vie, la valorisation des atouts économiques, sociaux ou culturels, ainsi que la solidarité entre régions du canton. Quatre instances au total seront mises sur pied pour assurer la conduite de cette révision, à laquelle tous les milieux concernés seront associés. Les actions concrètes qui seront définies devraient être réalisées dans un délai de dix ans. Cette démarche participative nécessitera l'engagement de trois personnes pour deux ans, et des expertises seront sollicitées. Le tout doit coûter 2,5 millions de francs, crédit qui sera demandé au Grand Conseil cet automne.