Le PS va se doter d’un nouveau programme pour remplacer l’actuel, vieux de près de 30 ans. Plutôt que de brandir la rupture avec le capitalisme, il met en avant la démocratisation de l’économie qui se veut «l’antithèse du credo néolibéral de la toute puissance du marché».

Le Parti socialiste (PS) a toujours eu la prétention de changer la société, a assuré mercredi devant la presse son ex-président Hans- Jürg Fehr, auteur de la première mouture du document adaptée par le comité directeur. Mais contrairement au programme de 1982 «on ne parle plus de ce que l’on veut laisser dernier nous, le capitalisme, mais de ce que l’on veut construire».

Dépasser le capitalisme

L’objectif est désormais la démocratie économique «pour dompter l’économie de marché capitaliste, avec pour vision son dépassement». Et cette «volonté de dépasser le capitalisme ne signifie pas refuser de le contrôler ou de le guider. Ces deux démarches ne sont pas incompatibles avec une politique socialiste. Elles ne s’excluent pas, mais se complètent».

Plusieurs pistes sont mises en avant: garantie d’un service public fort, développement de la coopérative comme alternative à la société anonyme, participation des employés aux décisions de l’entreprise, propriété collective par le personnel, étatisation (»cela reste une option d’avenir»).

Le nouveau programme se veut «une feuille de route pour les 20 ans à venir», une vision à long terme qui n’empêche pas parallèlement une action plus pragmatique. La révision de ce document de base a notamment été rendue nécessaire pour tenir compte des principaux changements intervenus en 30 ans, la globalisation et la construction européenne.

Adhésion à l’UE

La nouvelle formule réclame désormais noir sur blanc le lancement rapide de négociations d’adhésion à l’Union européenne. Quant à la globalisation, le programme propose de remédier à ses excès par une véritable régulation. Il définit la liberté, la justice et la solidarité comme valeurs fondamentales du socialisme. Mais «notre liberté n’est pas celle du moins d’Etat», a souligné M.Fehr.

Autres temps, autres mots: le document ne fait plus la part belle à des termes comme «autogestion». Il ne s’attarde plus sur l’attitude à avoir en tant que minorité au sein d’un gouvernement collégial.

D’autres concepts sont en revanche mis en avant comme le développement durable ou le service public. Le programme va plus loin dans la réforme du fédéralisme, plaidant une forte réduction à long terme du nombre de cantons ainsi que la création d’un Conseil économique et social.

Côté armée aussi, les propos ont été actualisés. «Le service militaire obligatoire est dépassé (...). Il faut le remplacer par un système de recrutement volontaire. L’armée doit être réduite et transformée pour contribuer avant tout à la protection de la population civile et à la promotion de la paix». Politique sociale

Le président du parti Christian Levrat a préféré mettre en avant la politique sociale à deux piliers que le programme appelle de ses voeux. A l’intervention réparatrice (assurances sociales) doit venir s’ajouter une action préventive pour permettre à chacun de saisir ses chances.

Maîtres mots: la formation, la conciliation entre vie familiale et professionnelle, l’intégration sur le marché du travail. Mais contrairement, aux partisans de la troisième voie, il ne s’agit pas d’opposer ces deux volets, a noté le Fribourgeois.

Débats passionnés

Le document est en consultation auprès des sections jusqu’au 31 juillet, avant qu’un congrès n’adopte la version finale les 30 et 31 octobre à Lausanne. M. Levrat s’attend à six mois de débats «passionnés et controversés», comme cela avait été la cas avec le programme économique en 2006 et le papier sur la sécurité publique en 2008.

«Je ne pense pas que la discussion soit nuisible», a-t-il assuré à un an et demi des élections fédérales de 2011. Le nouveau programme «s’inscrit parfaitement de notre stratégie électorale», selon lui