Montagne

Nouveau tunnel et réchauffement: au Tessin, la Rega est de plus en plus sollicitée

Avec un nombre croissant de touristes, les appels d’excursionnistes en détresse augmentent dans le canton italophone. Les responsables tirent la sonnette d'alarme

La montagne tessinoise accueille toujours plus de randonneurs, grâce au nouveau tunnel de base du Saint-Gothard qui rend les escapades d’une fin de semaine envisageables pour les Alémaniques. Mais aussi à cause des changements climatiques, qui allongent la saison de la randonnée, et, avancent certains, de la situation économique qui favorise le sport peu coûteux qu’est la marche.

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«Les conditions météo favorables et l’afflux de touristes ont légèrement fait augmenter en juin-juillet les missions en montagne, une trentaine», indique Federica Mauri, porte-parole de la Rega Tessin. Basée à Locarno, couvrant le canton et les Grisons italiens, celle-ci intervient entre 500 et 600 fois par année, dont une centaine en montagne.

Des marcheurs mal préparés

Toutes sortes de raisons mobilisent l’hélicoptère de sauvetage tessinois: de la personne âgée qui a un malaise, aux glissades, aux infortunes de canyoning… «Jadis, on marchait en groupe, aujourd’hui, beaucoup s’aventurent seuls, ce qui requiert certaines précautions supplémentaires.» Il ne faut pas hésiter à appeler au secours, fait valoir Federica Mauri. «La nuit tombe vite en montagne, les températures chutent et la météo peut changer rapidement; vaut mieux intervenir avant qu’une situation dégénère.» Elle conseille de télécharger l’application gratuite de la Rega qui permet de repérer rapidement les personnes en difficulté et de sauver de précieuses minutes. Tant qu’il y a du réseau, bien sûr.

Président de la section tessinoise du Secours alpin suisse qui travaille en partenariat avec la Rega, Stefano Doninelli constate sur le terrain plus de marcheurs, et plus d’incidents. «Plusieurs ne sont pas conscients des risques, ou ne sont pas bien chaussés ou habillés. Certains cueilleurs de champignons, par exemple, font preuve d’imprudence. On enregistre aussi plus d’accidents à cause de la bicyclette électrique.»

Evaluer l'opportunité d'une opération 

Les randonneurs ont la responsabilité d’évaluer leurs propres capacités et d’être bien équipés, insiste-t-il. Des appels à l’aide abusifs? Plutôt de la confusion, estime Stefano Doninelli. «La Rega prend en charge les frais non couverts par les assurances pour ses donateurs; certains pensent qu’il s’agit d’un service auquel ils ont droit.» Il y en a encore qui – c’est rare – appellent parce qu’il ont loupé le dernier train, note-t-il. «Mais la Rega sait évaluer si une situation requiert sa présence ou non.»

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