Cellule de l’EI en Suisse, nouveaux détails

Sécurité Le MPC sur la trace d’un «chef»

Un «chef» de l’Etat islamique d’origine irakienne qui aurait activement participé à la planification d’un attentat depuis la Suisse? Selon le Tages-Anzeiger, le Ministère public de la Confédération est convaincu que trois Irakiens accusés d’avoir préparé un attentat avant d’être arrêtés étaient en contact étroit avec un quatrième individu, clairement lié à l’organisation terroriste.

Des échanges codés

Les trois Irakiens sont en détention dans le canton de Berne depuis treize mois. La gravité des soupçons qui pèsent sur eux reste encore à démontrer. Les Américains ont averti le Service de renseignement de la Confédération (SRC) au printemps dernier des risques qu’ils présentaient. C’est sur la base d’informations transmises par le SRC que le MPC a ouvert en mars 2014 une enquête pénale à l’encontre de ces membres présumés de l’EI pour «soupçon de soutien à une organisation criminelle, d’emploi, avec dessein délictueux, d’explosifs ou de gaz toxiques, d’actes préparatoires délictueux, de pornographie et d’incitation à l’entrée, à la sortie ou au séjour illégaux». Leur détention a été prolongée jusqu’en septembre 2015.

Le MPC espère rendre son acte d’accusation «vers la fin de l’été». Les autorités fédérales ont travaillé étroitement avec le FBI. Des échanges via Facebook, codés, ont été interceptés. Selon le Tages-Anzeiger, qui a eu accès à des documents judiciaires, ils démontrent des liens étroits entre les trois Irakiens et un supposé commanditaire qui se fait appeler Abu Akkab al-Muhajir. Le MPC le considère comme un membre de l’EI avec fonction dirigeante. Ces «preuves» ne sont-elles pas faibles, l’identité de l’homme n’étant pas connue? «Comme preuve, il nous suffit de pouvoir démontrer que la personne appartient à l’EI, sans qu’il soit nécessaire de savoir comment elle s’appelle vraiment», précise le porte-parole du MPC André Marty, contacté par Le Temps. «C’est ce que nous sommes parvenus à faire dans cette affaire: les échanges que cet individu a eus avec des tiers ne laissent planer aucun doute sur son appartenance à l’EI – il le dit d’ailleurs de lui-même!»