Suisse

Les nouveaux présidents de partis incarnent le virage helvétique à droite

Albert Rösti (UDC), Petra Gössi (PLR) et Gerhard Pfister (PDC) seront élus à la tête de leur parti. Même s'ils assurent vouloir manœuvrer avec nuances, ils posent des cadres stricts. Voici leurs profils

Il n'y a désormais plus de suspense. Les noms des présidents des trois grands partis de droite au niveau national sont connus. Leurs élections vont se succéder ces prochaines semaines, sans concurrents, Albert Rösti, au sein du plus grand parti du pays, l'UDC, puis Petra Gössi, et Gerhard Pfister, à la tête du PLR et du PDC, étant les seuls en lice. Aperçu du profil de ces ténors qui, sans conteste, incarnent le virage à droite négocié lors des élections fédérales d'octobre 2015.


Albert Rösti, UDC, Berne, 49 ans

Son parcours: Son cheminement politique a buté sur un écueil qui aurait pu être fatal: en 2010, il rate son élection au Conseil d’Etat bernois. Pourtant, un an plus tard, il entre au Conseil national. Il a dirigé la campagne de l'UDC en 2015, un succès, avec un résultat national de 29,4 % des suffrages. Il siège dans deux commissions de poids, consacrées à l'économie et la santé.

Ses propos: Au «Temps» en 2014, il assurait: «Je me situe plutôt au centre du parti. Je suis en tout cas à gauche d’Adrian Amstutz.» En janvier dernier, il faisait montre de sa volonté de relancer l'alliance de droite: «La coalition bourgeoise sera un combat permanent pour moi». Tout en précisant dans la foulée: «Mais l’UDC va fixer des lignes rouges que nous ne franchirons pas. Nous ne ferons pas de concessions sur nos initiatives approuvées par le peuple et nous opposerons à tout accord institutionnel avec l’UE.»

Son profil Smartvote: Albert Rösti est l'un des parlementaires qui penche le plus vers la tendance «politique des migrations restrictive». L'enjeu sécuritaire est aussi fortement représenté.

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Petra Gössi, PLR, 40 ans, Schwytz

Son parcours: Cette conseillère national schwyzoise fait l'unanimité sur un qualificatif, sa discrétion. Elle travaille comme juriste dans une société financière à Zurich. Sur son site, elle met en avant ses capacités d'analyse et sa «logique». Elle siège au National depuis 2011. Et si elle le comprend, elle ne parle pas français, ce qui est déjà relevé par certains.

Ses propos: Elle assure ne pas vouloir faire pencher son parti plus à droite. Elle lance même que «si je suis élue, je me recentrerai également», comme Philipp Müller, son prédecesseur. Mais dans un entretien au «Temps» ce mardi, elle pose le cadre: «Je suis clairement dans une ligne bourgeoise et opposée à un Etat fort. Je privilégie la responsabilité individuelle.» S'agissant de l'UDC et du PDC, elle précise: «Nous sommes libéraux, ils sont conservateurs. Le PLR, avant de chercher des majorités, doit définir ses propres positions. Si les autres partis s’écartent de notre ligne libérale, nous devons nous en distancer.»

Son profil Smartvote: La juriste affiche un libéralisme sans faille. Son avancée dans le registre de «l'ouverture vers l'étranger» paraît modeste.

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Gerhard Pfister, PDC, 53 ans, Zoug

Son parcours: Le Zougois fait figure de bête politique. Il siège au Conseil national depuis près de 13 ans, après avoir dirigé la section de son canton et avoir occupé les bancs du grand conseil cinq ans.

Ses propos: Il est situé comme le plus à droite des démocrates-chrétiens, mais il assure: «Dans le rating du Conseil national, [mes positions] ont légèrement évolué vers le centre». Puis il affirme: «Il me paraît nécessaire de défendre un conservatisme des valeurs qui n'est incarné ni par l'UDC ni par le PLR.» Il veut souligner le fait que «le PDC a été le premier parti à se préoccuper de la place de l'islam dans la société suisse», et se dit «gêné» par le port de la burqa – tout en refusant l'initiative soutenue par l'UDC qui vise son interdiction, par «réflexe fédéraliste».

Son profil Smartvote: Gerhard Pfister affiche un grand écart, entre une perspective économique fort libérale, et une politique d'immigration très stricte.

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