Hans-Rudolf Merz sera-t-il la victime expiatoire de l’affaire libyenne? Le rapport parlementaire qui doit être publié vendredi sur le sujet s’annonce en tout cas sévère pour l’ancien ministre des Finances. D’autant que deux journaux dominicaux alémaniques, SonntagsBlick et NZZ am Sonntag, révèlent de nouveaux détails sur sa catastrophique expédition diplomatique à Tripoli, en août 2009.

Selon ces deux titres, le ministre aurait recouru aux services d’un intermédiaire pour le moins pittoresque, un Tunisien basé au Tessin qui aurait été condamné en Suisse pour trafic de drogue, vol et escroquerie (SonntagsBlick) et qui a dirigé avec sa femme l’un des principaux clubs de basket tessinois (NZZ). Le Temps a appris de bonne source qu’un intermédiaire, qualifié de «douteux», a effectivement aidé le ministre des Finances à signer, le 20 août 2009 à Tripoli, un accord par lequel la Suisse reconnaissait sa faute dans l’arrestation d’Hannibal Kadhafi à Genève, et présentait des excuses.

Ce texte, très favorable aux Libyens, était censé permettre une libération rapide des otages suisses Max Göldi et Rachid Hamdani. Mais ces denriers ne sortiront de Libye que l’année suivante.

L’implication de l’intermédiaire tunisien n’est que l’une des multiples erreurs reprochées à Hans-Rudolf Merz dans le dossier libyen. Après l’avoir repris des mains de Micheline Calmy-Rey, en juin 2009, lorsqu’il était président de la Confédération, il a mené une diplomatie solitaire, en s’appuyant sur des contacts privés (notamment avec le cheikh des Emirats Arabes Unis). Isolé et peu au fait des méthodes de négociations libyennes, il ne devrait pas échapper aux critiques des parlementaires de la Commission de gestion du Conseil des Etats. Leur premier rapport sur la gestion du dossier libyen par la Suisse est attendu vendredi.