Est-ce pour mieux signifier le changement de style et de direction politique à la tête des Affaires étrangères? A la surprise du protocole, c’est à pied, accompagné de son adjoint, Olaf Kjelsen, que le nouvel ambassadeur de Suisse auprès de l’UE, Roberto Balzaretti, est venu présenter sa lettre de créance auprès du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

A la Mission suisse, où il succédera à l’ambassadeur Jacques de Watteville, qui prendra ses nouvelles fonctions à Pékin à la fin de l’été, l’ancien secrétaire général de Micheline Calmy-Rey aura la délicate mission d’incarner et de défendre une nouvelle approche helvétique plus affirmée et plus directe du dossier européen, définie à Berne par Didier Burkhalter et son numéro deux, le secrétaire d’Etat Yves Rossier. Il arrive quelques semaines après que le secrétaire d’Etat a remis à la Commission la proposition suisse pour régler le volet institutionnel des relations entre la Suisse et l’UE.

«Flou» européen

A l’issue de son entrevue avec Herman Van Rompuy et avant de remettre une nouvelle lettre de créance au président de la Commission, José Manuel Barroso, ce jeudi soir, Roberto Balzaretti a admis que le flou demeurait encore sur la réponse que Bruxelles préparait à la proposition suisse. «Je ne m’attends pas à des prises de position fermes, mais je crois que mes interlocuteurs sont conscients que la Suisse a fait un pas important», a estimé Roberto Balzaretti après son entrevue d’une demi-heure avec le président du Conseil.

Selon le nouvel ambassadeur, chacune des parties a un éminent intérêt à une relation étroite: «Maintenant, il faut trouver le chemin politique pour faire avancer cette relation, au-delà de l’orthodoxie juridique qui régulièrement peut entraver les pas en avant.» Une manière de réaffirmer que, malgré les réticences de l’administration européenne au projet d’autorité indépendante nationale pour surveiller l’application des accords bilatéraux, la Suisse, qui a invité José Manuel Barroso à Berne, attend beaucoup d’un dialogue politique.

Herman Van Rompuy s’est beaucoup intéressé à l’état de ratification des accords fiscaux avec l’Allemagne, l’Autriche et la Grande-Bretagne, mais aussi à la clause de sauvegarde de la libre circulation, qui a irrité nombre d’Européens.