Le Centre européen de la culture (CEC), qu'on croyait définitivement enterré, refait parler de lui. S'il serait téméraire d'affirmer qu'il renaît de ses cendres, force est de constater que la passion du professeur Dusan Sidjanski, fondateur de la Faculté de science politique de l'Université de Genève, entretient les braises de l'espoir. Réunis mardi soir en assemblée, les membres de l'Association du CEC – il en reste une trentaine – ont renoncé une nouvelle fois à la dissolution de la vénérable institution, fondée par Denis de Rougemont en 1950. Ils ont de surcroît nommé un comité directeur, présidé par Dusan Sidjanski lui-même, avec un mandat clair: présenter d'ici au 26 mai prochain des projets complets et bien ficelés au niveau du financement permettant de justifier une renaissance.

Le 27 juin 2002, l'association du Centre européen de la culture avait déjà décidé de ne pas s'auto-dissoudre. Aujourd'hui, le professeur Dusan Sidjanski, avec la petite équipe qu'il a constituée, y croit toujours et estime que le CEC n'a pas le droit de disparaître. «Une dissolution aurait un impact très fâcheux sur l'image de la Suisse alors qu'elle est en négociations bilatérales avec l'Union européenne.»

Pour éviter cette issue, le professeur Sidjanski a activé son vaste réseau de connaissances aussi bien à Genève, à Berne, qu'en Europe. Il a ainsi pu obtenir de la Fondation Latsis un poste d'assistante à mi-temps ainsi que des moyens logistiques pour l'aider dans ses démarches. Il a également écrit à l'actuel premier ministre portugais, José Manuel Durao, son ancien assistant à l'université.

Il n'empêche. Certains observateurs jugent encore «vaporeux» les projets du professeur Sidjanski et s'interrogent sur le bien-fondé d'une éventuelle réactivation du centre. D'autant que l'Institut européen de l'Université de Genève et son Centre lémanique de Coppet ont repris en partie l'héritage du CEC. Mais la mission de ce dernier serait autre, rétorque Dusan Sidjanski. Patronne du Département de l'instruction publique, Martine Brunschwig Graf avait déjà, l'an dernier, jugé nécessaire que l'Etat de Genève cesse de subventionner le CEC, déficitaire et à la dérive puisqu'il avait cessé toute activité. Aujourd'hui, elle ne semble pas accorder beaucoup de crédit à ces démarches: «Notre priorité est claire: c'est l'Institut européen de l'Université de Genève.» Et d'ajouter: «Les finances de l'Etat ne sont pas extensibles.»