La construction du Nouvel Hôpital Pourtalès de Neuchâtel (NHP) commencera le 2 mars, après dix-huit mois de retard causé par des oppositions. Il s'agit de réunir sous un seul toit les hôpitaux des Cadolles et de Pourtalès.

En 1995, 17,34% du corps électoral neuchâtelois, soit un peu plus de 1500 votants, avaient accepté le financement de ce projet qui coûtera 154 millions et qui est combattu. Imperturbable, la ville de Neuchâtel va de l'avant, alors que les opposants ont d'ores et déjà recueilli les 6000 signatures réclamant un moratoire pour toute dépense dans le domaine hospitalier. Le Dr Alain de Meuron fait partie des opposants.

Le Temps: La construction du NHP va démarrer le 2 mars, qu'en pensez-vous?

Dr Alain de Meuron: C'est un projet vieux de vingt ans, réactualisé en 1995. A l'époque, le canton était encore riche! Les hôpitaux du Locle, de Landeyeux et de la Béroche avaient recueilli plus de 16 000 signatures réclamant la pérennité de leurs institutions. Ils ont retiré leur initiative en septembre 1995, après que le Conseil d'Etat leur a donné des assurances. Trois semaines plus tard, le peuple disait oui au NHP… Il a été trompé.

– Aujourd'hui, il apparaît que les maternités et les services de chirurgie de ces hôpitaux régionaux seront supprimés. Vous le regrettez?

– Evidemment. A Landeyeux, nous enregistrons 400 naissances par année. C'est presque autant qu'à La Chaux-de-Fonds (450) et honorable face aux 600 naissances des hôpitaux de Neuchâtel. Je persiste à dire que les petits hôpitaux offrent une proximité et un environnement humain que ne présentent pas les grands. Je céderai quand on me démontrera que nous faisons de la mauvaise médecine et que nous coûtons plus cher!

– L'une de vos initiatives demande que le peuple soit consulté pour tout investissement hospitalier. L'autre réclame un moratoire. Vous voulez bloquer la construction du Nouvel Hôpital Pourtalès?

– Je suis favorable à sa construction, mais en le redimensionnant. Nous avons 150 lits de trop dans ce canton, alors ne les construisons pas. J'imagine que le NHP, qui se trouve à 200 mètres de l'hôpital de la Providence, pourrait être réservé aux cas graves demandant de gros moyens diagnostiques. Mais on prévoit de construire un hôpital de 200 lits! A quoi serviront les hôpitaux régionaux? Et que deviendra celui de La Chaux-de-Fonds? A terme, tout l'appareillage coûteux sera concentré à Neuchâtel. Avec nos initiatives, nous voulons que le peuple puisse se prononcer.

Propos recueillis par Jean-Jacques Charrère