Où en est le projet de fusion des deux instituts universitaires genevois de hautes études internationales et d'études du développement? Il «avance bien», souligne Philippe Burrin, directeur de la première institution et futur patron de l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) issu de la fusion. Une délégation des deux conseils de fondation a déjà été constituée. Elle a déjà rédigé les statuts du conseil de fondation remis à Charles Kleiber et au conseiller d'Etat genevois Charles Beer. La délégation élabore aussi les modes d'organisation et de fonctionnement du nouvel établissement. La nouvelle fondation devrait être créée au cours des deux prochains mois, et l'IHEID sera fonctionnel au 1er janvier 2008.

40 millions pour quatre ans

La nouvelle enveloppe financière fédérale dont devrait bénéficier l'IHEID doit encore être approuvée par la Conférence universitaire suisse (CUS) et le parlement fédéral. Elle s'élève à 40 millions de francs pour quatre ans, et la Confédération en assume 90%. Elle s'ajoutera aux 24 millions de subventions cumulées que les deux instituts reçoivent de la Confédération et du canton de Genève. Cette manne fédérale, qui doit s'inscrire dans le programme de formation et de recherche 2008-2011, n'a pas manqué d'indisposer la CUS, qui était pourtant tout à fait informée du projet genevois dont la vocation est d'ailleurs fédérale. Philippe Burrin est cependant optimiste: «Les tensions se sont apaisées. Mais il faudra redéfinir la place de la nouvelle institution dans le paysage universitaire suisse. Et poser la question de sa fédéralisation.»

Réseau suisse en études internationales

Le volet immobilier du nouvel institut évolue aussi après avoir été longtemps au point mort. Une commission a choisi un bureau d'étude pour la future Maison de la paix qui accueillera l'IHEID, les trois centres fédéraux basés à Genève et spécialisés dans la politique de sécurité, le contrôle démocratique des armées et le déminage humanitaire. Le projet devrait se réaliser d'ici à 2011.

Quant au pôle de relations internationales censé relier l'IHEID, l'Université de Genève et d'autres institutions de Suisse (Universités de Berne, de Zurich, etc.), il va changer de nom pour s'appeler Réseau suisse en études internationales. Au départ, la structure restera légère avec un budget de 2,5 millions par année et remplacera l'actuel RUIG (Réseau universitaire international de Genève). Elle donnera une visibilité nationale au champ des relations internationales.