Après près de deux années de recherche, le centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC) vient de dévoiler un plan interactif permettant de répertorier géographiquement 369 communautés religieuses et spirituelles que dénombre le canton de Genève. Un outil précieux destiné à devenir un outil pédagogique et scientifique, mais également un moyen de familiariser les Genevois à la diversité religieuse. Avec une communauté religieuse pour 1000 habitants, le canton fait mieux que la moyenne suisse (0,7/1000 hab.), ce qui place l’agglomération genevoise comme l’une des régions qui compte le plus de collectivités religieuses et qui présente le plus de diversité en Suisse, selon la directrice du centre, Brigitte Knobel.

Le projet baptisé «d’Eglise en Ashram», financé à hauteur de 140 000 francs par une fondation privée, révèle la présence de 13 grandes familles religieuses dans le canton (christianisme, protestantisme, islam, bouddhisme) et plus de 50 courants (chiisme, soufisme, christianisme orthodoxe, bouddhisme theravada, etc.). En termes de nombre de lieux de cultes, le canton recense 272 emplacements, dont 150 édifices et 120 espaces reconvertis en lieux de culte. Si la majorité des édifices sont chrétiens, Genève accueille également trois synagogues, une mosquée dotée d’un minaret et même un temple bouddhiste. D’autres lieux sont plus étonnants, comme des anciens cinémas, des restaurants, des ateliers ou des hangars. En outre, d’autres communautés – un quart d’entre elles pour être précis – partagent leur lieu de culte.

Forte implantation durant l’après-guerre

Outre un tri par type de communauté et par langue utilisée lors du culte (53 langues parlées), la carte interactive offre une vision rétrospective de l’établissement des communautés à Genève. Durant la période de l’après-guerre (1950-1999), le canton recense plus de 150 nouvelles «arrivées» dans le canton, «principalement en raison de la forte croissance démographique et des flux migratoires», avance le CIC. Ces treize dernières années, 71 nouvelles communautés se sont implantées dans la région.

«Fait rassurant», relève encore l’enquête, la diversification du paysage religieux n’a pas entraîné «la formation de ghetto, la répartition des communautés dans le canton n’obéissant pas à une logique ethnique ou communautariste». A noter que sur les 407 communautés religieuses et spirituelles recensées, 21 d’entre elles n’ont pas souhaité être répertoriées, 4 ne disposent pas de lieu permanent et 13 n’ont pas répondu aux sollicitations du centre.