La congrégation du Grand-St-Bernard (VS) a dénoncé un chanoine pour attouchements d’ordre sexuel sur un enfant de 12 ans. Une procédure pénale est en cours.

Les faits de cette deuxième affaire, après une première dénonciation en février, se sont déroulés au début des années 1980, au Collège de Champittet à Lausanne, alors géré par la congrégation des chanoines du Grand-St-Bernard. Un interne a subi des attouchements par un chanoine, enseignant au collège et actif au sein de l’internat, écrit la congrégation mercredi dans un communiqué. C’est la victime qui en a informé récemment l’Evêque de Sion.

En réaction, le prévôt du Grand-St-Bernard a immédiatement suspendu le prêtre incriminé de toute activité et a dénoncé le cas aux autorités civiles compétentes, relève la congrégation. «Nous sommes sidérés par cette révélation et tenons à saluer, en toute humilité, le courage de la victime dans des circonstances aussi extrêmes. Nous espérons que le travail d’enquête permettra d’établir les faits et, en particulier, de s’assurer qu’il n’existe aucune autre victime», indique le prévôt Jean-Michel Girard, cité dans le communiqué.

Le prêtre concerné a reconnu les faits. Il est aujourd’hui retraité et n’a plus aucune fonction au sein de l’Eglise. Une procédure pénale en Eglise est aussi en cours, précise encore la congrégation.

Première dénonciation en février

Il s’agit de la deuxième affaire révélée en l’espace de quelques semaines. Au début de ce mois d’avril, Jean-Michel Girard avait déjà confirmé avoir dénoncé un chanoine pour abus sexuel sur personne vraisemblablement mineure. Des faits qui remontent à plus de trente ans.

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Dans cette affaire, les faits sont prescrits. Mais le prévôt avait également dénoncé le cas à Rome. «Des mesures provisionnelles ont déjà été prises par le Vatican et le chanoine ne célèbre plus rien de sacerdotal», avait précisé à Keystone-ATS le prévôt du Grand-Saint-Bernard.

Dans le communiqué diffusé mercredi, la congrégation du Grand-St-Bernard et le Diocèse de Sion invitent «celles et ceux qui ont été victimes par le passé d’abus de la part de religieux à se faire entendre, en toute transparence et vérité». Il existe une commission neutre et indépendante des organes de l’Eglise, la CECAR (Commission Ecoute-Conciliation-Arbitrage-Réparation), qui a été constituée pour entendre et accompagner les victimes, rappellent-ils.