Une armée divisée en deux classes, une troupe d'élite de 50 000 hommes destinée à la sécurité du territoire, et un corps de troupe de 70 000 soldats territoriaux qui accompliraient les tâches annexes attribuées à l'armée, notamment en matière de soutien à la police: c'est l'un des scénarios qui circulent aujourd'hui à l'état-major de l'armée, selon le journal dominical SonntagsZeitung. «Parmi bien d'autres réflexions sur la façon dont l'armée devra évoluer à long terme pour remplir la mission qui lui est assignée», précise Dominique Bugnon, porte-parole du Département de la défense.

Ce scénario du divisionnaire Jakob Baumann, chef d'état-major du groupe de planification, sur la nouvelle «Armée XXI/11», est à mettre en relation avec les réflexions des responsables militaires, dont le nouveau chef de l'armée Christophe Keckeis, sur le passage d'une défense autonome, à laquelle la Suisse ne peut plus prétendre, à une «sécurité par la coopération», qui nécessite interopérabilité avec les autres armées, dont évidemment l'OTAN. Dans ce concept, le rôle de l'armée serait restreint: assurer la sécurité du territoire national durant une période limitée, six mois par exemple.

Missions mieux définies

Parallèlement, comme le montre le rapport transmis par Samuel Schmid à la Commission de politique de sécurité du Conseil national, l'armée estime que «la frontière entre sécurité intérieure et sécurité extérieure devient plus fluide»; il demande donc que l'engagement de l'armée dans les tâches subsidiaires de police (protection des ambassades, soutien à la police en cas de manifestation, protection des biens culturels, tâches de police à la frontière) soit plus clairement défini. Cette division de l'armée en deux missions, défense nationale et sécurité du territoire, aurait comme conséquences financières de dépenser moins pour les «territoriaux» dont l'équipement serait plus léger, ne manque pas de relever Samuel Schmid.