Genève

Nouvelle enquête autour d’un marchand d’art genevois

L’épouse et le chauffeur du négociant d’antiquités Ali Aboutaam ont été placés en mars en détention préventive. Tous ses objets d’art ont été saisis

La justice genevoise resserre les mailles de son filet autour du marchand d’art Ali Aboutaam, patron de la galerie Phoenix Ancient Art à Genève. Selon une enquête du Wall Street Journal, son épouse et son chauffeur ont été placés en détention préventive à Champ-Dollon pendant une quinzaine de jours en mars dernier. Contacté, Ali Aboutaam se refuse à tout commentaire. Son avocat, Didier Bottge, ne souhaite pas non plus s’exprimer sur une affaire en cours. Idem pour le Ministère public genevois.

Lire aussi: Le marchand d’art genevois récupère son deuxième sarcophage

Lors d’un contrôle, les douaniers genevois découvrent, dans la voiture, une lampe byzantine. Faute d’avoir pu produire des documents sur sa provenance, le chauffeur est arrêté, suspecté d’avoir voulu éviter la TVA. Selon le quotidien, les autorités suisses avaient placé l’épouse d’Ali Aboutaam sous surveillance. Elles auraient observé que celle-ci transférait des objets d’art d’un dépôt à l’autre aux Ports francs de Genève.

Dépôts perquisitionnés

Dans le viseur de la justice suisse – mais aussi française et belge, avance le journal –, suspectés de détenir des objets d’art pillés par l’Etat islamique en Syrie et en Irak, les dépôts d’Ali Aboutaam sont alors perquisitionnés. Il est reproché à son épouse des infractions à la loi sur le transfert des biens culturels (LTBC). Elle sera libérée sans qu’aucune charge ait été retenue contre elle. D’après nos informations, tous les objets appartenant au marchand ont été saisis.

Lire aussi: Levée du séquestre pour le sarcophage phénicien

Aux Etats-Unis, où Hicham, le frère d’Ali, gère une galerie d’art, les autorités douanières observent les deux frères dans le cadre d’une enquête menée auprès de négociants en antiquités pour s’assurer qu’ils ne disposent pas d’objets pillés, rapporte le quotidien. Mais aucun des deux frères n’a été accusé d’actes répréhensibles dans ce cadre.

Coïncidence? En mars, une société des frères Aboutaam abandonne la bataille qui l’oppose au Ministère public genevois. Celui-ci avait en effet séquestré trois sarcophages leur appartenant. Le tribunal leur avait restitué les deux premiers; restait le troisième, que le parquet voulait rendre à la Turquie. Ce qu’il a fait, puisque Ali Aboutaam a retiré son recours au Tribunal fédéral.

Publicité