Un record lausannois peu enviable devrait n'être plus qu'un mauvais souvenir à la fin de l'année. Les Transports publics de la région lausannoise (TL) possèdent actuellement la flotte la plus désuète et la plus dépareillée de Suisse. Dès le mois prochain, les premiers véhicules de série d'une nouvelle génération de 27 trolleybus articulés circuleront sur le réseau. S'y ajouteront ensuite 20 autobus articulés, ce qui représente un investissement total de 60 millions de francs. «En 2001, un tiers du parc sera ainsi renouvelé», précise-t-on aux TL.

Il était temps. A un an près, certains trolleybus lausannois ont failli réaliser un exploit: vivre deux expositions nationales. Les plus anciens, sympathiquement surnommés «batteuses», furent en effet mis en service pour l'Expo de 1964… L'âge moyen des trolleybus lausannois est actuellement de vingt ans, et même vingt-trois pour les remorques. C'est cinq à dix ans de plus que pour la plupart des autres transporteurs urbains. Si l'on excepte le métro reliant le centre au campus université-EPFL, largement financé par la Confédération, les TL ont très peu investi dans le matériel roulant au cours de la décennie écoulée.

Pour se rattraper, ils ont fait fort. Les nouveaux trolleybus articulés fabriqués par Neoplan à Pilsting (Allemagne) constituent une «première mondiale». Ils possèdent un double moteur électrique (dans le moyeu) et turbo-diesel 8 cylindres, ce qui en fait «de véritables 4x4» dans la difficile topographie lausannoise, assure le porte-parole de la compagnie, Klaus Schaefer. Le bijou a son prix – 1,3 million de francs pièce –, mais devrait justifier son surcoût de 10 à 15% par rapport aux modèles achetés ailleurs par une autonomie accrue (moins de retards en cas de panne réseau) et la diminution des frais d'exploitation. Boston serait intéressée à en commander une centaine d'exemplaires.

Retards

Initialement annoncée pour le printemps, puis l'automne dernier, la mise en service des Neoplan a pris passablement de retard pour permettre aux ingénieurs de corriger quelques détails tout en allégeant de deux tonnes le poids du véhicule (de 22 à 20 tonnes). Les TL ne tiennent pas à revivre les maladies de jeunesse qui ont perturbé la mise en service d'autobus à deux étages sur la ligne du Jorat. Comme c'est désormais le cas presque partout en Suisse, la nouvelle série de véhicules se caractérise principalement par son plancher bas et la capacité d'embarquer sans difficulté poussettes ou chaises de handicapés.

Si perfectionnés que soient les nouveaux venus, ils ne vivront sans doute pas aussi longtemps que les «batteuses» de 64. Un autobus est aujourd'hui amorti en une douzaine d'années, un trolleybus en quinze à vingt ans. De nouvelles technologies sont à l'étude, comme la pile à combustible, dont Mercedes a déjà équipé quelques véhicules test. On s'attend à les voir rouler dans les villes suisses d'ici à 2010.