Naturaliser en bloc tous les étrangers qui répondent aux critères de la loi et qui souhaitent acquérir le passeport suisse: c'est ce que propose l'initiative parlementaire «Action intégration IIIe millénaire», déposée par le conseiller national Josef Zisyadis (PdT/VD). Elle demande l'élaboration d'un arrêté fédéral urgent permettant cette procédure. Cinq parlementaires, tous romands, l'ont signée: Rémy Scheurer (lib./

NE), Yves Christen (rad./VD), Jacques Neyrinck (PDC/VD), Anne-Catherine Menétrey (Verts/NE) et Nils de Dardel (soc./GE). Quant aux représentants de l'UDC, ils ont été sollicités: «Je me suis adressé aux deux Romands, ainsi qu'à la Grisonne Brigitta Gadient», précise Josef Zisyadis. En vain. «Pourtant, sourit-il, ce procédé ramènerait le pourcentage d'étrangers au-Suisse bien en dessous des 18% exigés par l'initiative que nous voterons en septembre.»

Emmen, le détonateur

A en croire le Vaudois, «tout est parti de discussions avec Yves Christen. Après le choc d'Emmen. Puis j'ai cherché des têtes de pont dans chaque parti.» Son succès auprès des représentants de la droite aurait-il été moindre sans la votation populaire d'Emmen? «Pas sûr, dit Josef Zisyadis. C'est dans l'air du temps.» Est-ce également le cas outre-Sarine? Il l'ignore, tant les choses se sont passées «entre Romands»: «J'ai de la peine à sentir l'ambiance. Mais je m'attends à un peu plus de blocages».

Question de compétences

Si l'on en croit la réaction des partis nationaux, l'affaire n'est pas gagnée d'avance. Chez les radicaux, on se désolidarise clairement de la démarche d'Yves Christen: «Les initiatives UDC pour la naturalisation par le vote constituent une extrême. Là, c'est un peu le retour de manivelle. C'est l'excès inverse», affirme Johannes Matyassy, secrétaire général du PRD, qui ne balaie pas pour autant les naturalisations facilitées, à l'instar de la porte-parole romande du PDC, Sandra Lo Curto: «L'idée de cette initiative est alléchante. Mais le critère de la loi, qui fait de la naturalisation un droit, pose tout de même quelques problèmes.» Tous deux continuent de croire au partage des tâches entre les trois niveaux de la Confédération et en particulier à la compétence des gouvernement communaux – respectivement des commissions législatives – dans l'octroi du passeport.