La révision de la loi sur l’aménagement du territoire, qui tient lieu de contre-projet à l’initiative sur le paysage de Pro Natura (qui veut un moratoire de vingt ans sur toute création de nouvelle zone à bâtir) devrait être sous toit demain. Le Conseil des Etats s’est rallié à l’essentiel des concessions faites aux agriculteurs par le National. Il a ainsi accepté tacitement d’interdire explicitement le morcellement des terres cultivables et d’encourager la jachère.

Pro Natura a déjà fait savoir qu’il allait retirer son texte si le parlement acceptait la révison sous cette forme. Cette attitude des milieux de protection de la nature surprend le Valaisan Jean-René Fournier. Pour le démocrate-chrétien, Pro Natura accepte «un marché de dupes». Le contre-projet vise en effet à garantir qu’on pourra construire dans les quinze prochaines années sur le Plateau, en compensant ces surfaces dans les régions périphériques.

Ces dernières, qui disposent de beaucoup plus de réserve de zones à bâtir, devraient donc fournir à l’agriculture l’équivalent des terrains que celle-ci aurait perdus sur le Plateau. Sauf que les agriculteurs et la nature n’y ont aucun intérêt, les bonnes terres se trouvant en général sur le Plateau et non dans les régions périphériques, estime Jean-René Fournier.