Adolf Ogi en est encore tout ému. Il a passé quatre jours parmi les handicapés mentaux qui participaient à Anchorage, en Alaska, à leurs Olympiades. «Commencer ma mission par là était la chose la plus touchante», dit le Bernois, dont c'était en effet la première apparition internationale en tant que conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour le sport au service du développement et de la paix. Mais la mission de l'ancien président n'est pas encore totalement clarifiée, et Adolf Ogi s'est arrêté jusqu'à dimanche à New York pour en parler avec les lieutenants de Kofi Annan. Il a discuté avec eux les termes d'un contrat, ce qui signifie que son rôle de conseiller spécial ne s'arrêtera pas au terme de la première année. Il va consacrer ses premiers mois à un état des préoccupations sportives dans le système onusien.

Mais Adolf Ogi n'est pas un homme de bureau. En plus de ses fonctions de représentation, il compte bien lancer des programmes liés au sport, en particulier en faveur des pays les plus défavorisés. Pour agir, il faut cependant des moyens, et le conseiller, pour le moment, n'en a pas. Il trouvera sans doute une petite infrastructure au Palais des Nations, plus près des grandes fédérations sportives que s'il était à New York. Il compte aussi sur la compréhension de la Confédération. Sans qu'il le dise, on comprend qu'il trouverait légitime que le Conseil fédéral consacre à sa mission internationale quelques miettes de ce qui a été accordé à Carla Del Ponte promue procureur mondial.

Nombreux fronts

Pour le reste, la carrière post-fédérale d'Adolf Ogi prend forme. Outre sa fonction auprès de Kofi Annan, et l'entrée au CIO qui devrait intervenir à l'été, il est sur le point d'intégrer le conseil d'une fondation destinée à sensibiliser les grandes entreprises aux préoccupations sociales. Le reste de son temps sera absorbé par une autre mission humanitaire dont il ne veut pas encore parler, et par quelques conseils d'administration dans lesquels on lui propose d'entrer.