Vaud

Nouvelle polémique pour Pascal Broulis

Après sa situation fiscale, c’est au tour du financement de plusieurs des voyages en Russie du conseiller d’Etat vaudois d’être sujet à controverse

Après la violente polémique sur sa situation fiscale, le conseiller d’Etat vaudois est aujourd’hui pointé du doigt, par le Tages-Anzeiger, pour une série de séjours privés effectués en Russie. Ce mardi, le quotidien zurichois révèle que le politicien a voyagé à plusieurs reprises en compagnie du milliardaire Frederik Paulsen, président du groupe pharmaceutique Ferring, basé à Saint-Prex, non loin de Morges. Le Suédois est également connu pour son titre de consul honoraire de Russie à Lausanne et sa proximité avec Vladimir Poutine, qui lui a remis l’Ordre de l’amitié en 2008.

Lire aussi: Un mystérieux milliardaire vaudois à la conquête des pôles

Le journal alémanique laisse entendre que Frederik Paulsen aurait pris à sa charge une partie des frais, jouant le rôle de mécène. Ce qui se révélerait délicat, lorsque l’on sait que sa société a bénéficié d’une exonération fiscale. Des accusations farouchement démenties par le Suédois, qui s’est fendu d’un communiqué de presse affirmant que «chacun s’est acquitté des frais liés à l’organisation de ces voyages». Il précise également que les modalités de son installation en Suisse «correspondent en tout point aux prescriptions légales» et ont, de plus, été supervisées par le conseiller d’Etat Charles Favre, le prédécesseur de Pascal Broulis.

Lire aussi: En Sibérie, grandeur et misère de l’immense Russie

De fait, ces voyages en Russie sont organisés depuis des années par le journaliste et écrivain Eric Hoesli, passionné de ce pays. Outre Pascal Broulis, plusieurs personnalités politiques suisses de premier plan y ont participé: de l’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin à la conseillère aux Etats vaudoise Géraldine Savary, en passant par les anciens conseillers d’Etat Isabelle Chassot (PDC/FR) et François Longchamp (PLR/GE). «Je me rendais souvent en Sibérie pour mon dernier livre, des connaissances m’ont demandé de les emmener, explique Eric Hoesli. J’organisais tout, puis facturais à chacun. Ces déplacements ont toujours été d’un caractère uniquement privé.»

«L’image regrettable de copinage»

Reste qu’au-delà du financement ces périples soulèvent des questions sur le fond. Le socialiste Carlo Sommaruga, membre de la Commission de politique extérieure du Conseil national, porte ainsi un regard critique: «Ces voyages donnent l’image regrettable de copinage d’une petite clique d’élus interpartis qui s’offre une aventure, sans aucune considération pour la situation du pays et des rapports de force géostratégiques.» Le Genevois voit également dans ces séjours une manière pour la Russie de «faire sa promotion» auprès de responsables politiques étrangers.

L'affaire rebondit déjà au niveau du Grand Conseil vaudois. Le Parti socialiste et le groupe Ensemble à Gauche ont chacun déposé ce mardi une interpellation qui parle notamment de «cadeaux fiscaux» et de «retour d'ascenseur».

Publicité