Les attaques du ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, contre la place financière suisse promettent d'être une source durable d'inspiration pour l'ensemble du monde politique helvétique, de la gauche à la droite.

La contribution la plus remarquée, mardi, aura été la dernière intervention de Moritz Leuenberger sur le blog qu'il tient régulièrement (moritzleuenberger.blueblog.ch). Sans jamais citer le nom de Peer Steinbrück, le chef du DETEC manifeste clairement sa compréhension pour la position du ministre allemand des Finances, qui avait parlé d'utiliser la carotte et le bâton contre la Suisse. «Quand la position des partis les plus influents de notre pays et, à travers eux, notre politique financière est conduite par les carottes des grandes banques, on ne devrait pas s'étonner si ailleurs on en appelle au bâton contre notre politique - si déplacée soit l'expression», écrit en substance le conseiller fédéral.

Comparaison douteuse

Après s'être affiché publiquement avec les adversaires de l'initiative contre le droit de recours des associations, Moritz Leuenberger tend une fois de plus à la droite les verges pour se faire battre, en quittant la réserve dont devrait faire preuve un conseiller fédéral. Il le fait ici à un double titre.

D'une part, parce qu'il considère avec sympathie les attaques d'un pays étranger contre la Suisse et d'autre part parce qu'il accuse ouvertement les partis bourgeois d'être vendus à UBS et à Credit suisse. Dans l'une et l'autre perspective, son attitude contraste étonnamment avec celle de sa camarade de parti Micheline Calmy-Rey. La ministre des Affaires étrangères a en effet réagi avec beaucoup de conviction et d'énergie aux propos de Peer Steinbrück et elle ne rate jamais une occasion de défendre la place financière suisse.

Dans un tout autre registre, l'UDC n'hésite pas à comparer de façon tout aussi sibylline Peer Steinbrück à Hitler. Le ministre allemand des Finances est accusé d'emboîter le pas aux nazis qui, en 1934, lançaient des menaces violentes contre la Suisse en train d'introduire le secret bancaire. Comme l'Allemagne de 1934, Peer Steinbrück envisage de frapper les échanges commerciaux avec la Suisse. «Que fera cet homme dans cinq ans?» conclut le communiqué de l'UDC.