Le gouvernement fribourgeois planche depuis plusieurs années sur les réformes à adopter pour rendre plus efficace sa police tout en rationalisant son fonctionnement. Première phase de ce réexamen général, la réorganisation de la gendarmerie cantonale dont les autorités ont présenté jeudi le projet final.

«La charge de travail de nos agents est en constante augmentation, constate Pierre Nidegger, commandant de la police cantonale, alors que les effectifs restent stables. Nous sommes contraints de recourir de plus en plus aux heures supplémentaires, lesquelles ont triplé en cinq ans. Nous devons également trouver des réponses au problème de la sécurité de nos agents, qui se pose avec une acuité grandissante.»

L'objectif poursuivi est d'assurer des interventions rapides dans tout le canton par des patrouilles flexibles, polyvalentes et disponibles en permanence. Ainsi poussés à la réforme, sans pour autant disposer d'une marge financière accrue, les édiles ont étudié toutes les possibilités, se référant même aux expériences d'autres cantons: «Au perfectionnement du système actuel ou à la centralisation totale, nous avons préféré la régionalisation en trois secteurs», indique Claude Grandjean, conseiller d'Etat en charge de la Justice et de la police.

Intitulé «Gendarmerie 2002», ce projet prévoit donc une importante refonte du système actuel, hérité du XIXe siècle. Les sept postes de chefs-lieux de district seront remplacés par trois postes régionaux qui couvriront chacun plusieurs districts et comprendront une section de police mobile (la police de la circulation, aujourd'hui centralisée pour tout le canton à Granges-Paccot) et une section de police territoriale (postes de police des chefs-lieux et de campagne actuels).

Ces trois nouvelles antennes seront installées sur les sites des centres d'entretien des autoroutes de Domdidier pour la région Nord, Granges-Paccot pour la région Centre et Vaulruz pour le Sud. Ce choix – motivé par des impératifs de proximité et d'accessibilité – devrait en même temps permettre d'éviter les querelles politiques entre les différents districts au moment du vote au Grand Conseil l'automne prochain.

12 millions pour les transformations

Les travaux de transformation des centres d'entretien se monteront à 12 millions de francs. D'importantes économies de fonctionnement seront réalisées puisque, entre autres exemples, on se branchera sur les installations de chauffage et de télécommunication existantes. Par ailleurs, les terrains étant mis à disposition par les Routes nationales, le canton ne versera qu'une rente pour droit de superficie de cinq francs par m2, soit 29 000 francs par an. Quant aux postes de la police territoriale existants, aucun ne sera supprimé mais leurs horaires seront modifiés. Seuls ceux de Fribourg et de Bulle resteront ouverts en permanence, en plus des trois centres régionaux.

Ce regroupement devrait permettre une plus grande polyvalence des agents, ainsi qu'une normalisation de leurs horaires. Comme chaque région disposera en permanence d'un nombre accru d'effectifs sur le terrain, les services de piquet seront réduits et les conditions d'intervention gagneront en sécurité. Soumis au référendum financier facultatif, le projet, s'il est accepté, devrait entrer en vigueur en 2002.