Anne Bruschweiler, actuellement journaliste à la Télévision romande, devrait prendre en avril ou mai la direction du Centre européen de la culture (CEC) à Genève. Le communiqué annonçant sa nomination est prêt, dit-on au Centre dont le précédent directeur, Jean-Fred Bourquin, a démissionné en septembre dernier.

L'avenir du CEC est malgré tout loin d'être éclairci. Si le précédent directeur expliquait son départ par une «lassitude personnelle» due à l'obsédante recherche de fonds, bien d'autres problèmes sont apparus à cette occasion. Outre les conflits personnels et une gestion peu rigoureuse, le CEC a dû affronter une crise de vocation dont personne ne sait si elle est surmontée. Dans un texte publié en octobre, l'ancien conseiller d'Etat Claude Haegi se désolait de «l'état de déliquescence» du centre et relevait que son rayonnement «ne dépend pas seulement du budget. Il devrait être une force de créativité européenne et pas une banale association organisant des manifestations comme tant d'autres.»

Principal soutien financier du CEC avec la ville qui lui loue une villa à des conditions favorables, le Conseil d'Etat espère que la nouvelle présidente, Arina Kowner, ex-directrice des affaires culturelles Migros, redonnera du lustre et un sens à l'institution. On attend depuis cinq mois son projet de relance. Curieusement, le service cantonal des affaires culturelles n'a pas publié le rapport qu'il avait commandé sur la situation du CEC, mais a augmenté la subvention de 405 000 à 480 000 francs pour 2001. Au service, on considère ce geste comme «un coup de pouce en attendant d'y voir plus clair».

Plus qu'une nomination, des explications deviennent urgentes. Honorer la mémoire de Denis de Rougemont, fondateur du CEC il y a cinquante ans, n'est plus une raison de survie suffisante.