lausanne

Les nouvelles ambitions du Musée olympique

La vitrine du CIO fait peau neuve. Repensée, la muséographie high-tech sera le cœur d’un réseau mondial

Première attraction culturelle lausannoise et quatrième musée de Suisse, avec plus de 200 000 visiteurs par année, le Musée Olympique fait peau neuve. Il fermera ses portes le 29 janvier prochain, pour rouvrir en octobre 2013. Vingt mois de travaux en tout, destinés à rénover le bâtiment et à repenser la muséographie de fond en comble.

«Phare de la culture de l’olympisme et instrument de diffusion de ses valeurs», selon les mots du directeur général du Comité international olympique (CIO), Christophe de Kepper, le Musée olympique ambitionne ainsi d’entrer de plain-pied dans le XXIe siècle et de «coller au développement technologique et aux nouveaux moyens de communication intégrés». Devisée à 55 millions de francs, cette vaste opération sera entièrement financée par le CIO. Dans l’immédiat, «pour dire au revoir au public, le musée sera totalement gratuit jusqu’à la fermeture», annonce son directeur, le Français Francis Gabet. Et, pendant la durée des travaux, le bateau Helvétie servira de lieu d’exposition temporaire, sur 700 m2. Amarré sur le quai de Belgique, juste devant le musée, il sera ouvert au public d’avril à octobre.

Raconter une histoire

Quelles nouveautés les visiteurs découvriront-ils à l’automne 2013? Côté gros œuvre, la terrasse du deuxième étage sera recouverte d’un toit végétalisé, les espaces d’expositions permanentes passeront de 2000 à 3000 m2, une «voie olympique» montera directement du quai au musée et le «Jardin des records», à l’ouest du bâtiment, sera ouvert au public et agrémenté d’une piste d’athlétisme de 100 mètres. Côté contenu, entre 300 et 400 écrans ou dispositifs interactifs seront installés, deux «learning zones» seront ouvertes aux enfants et le concept muséographique sera totalement revu. «Nous voulons faire du «storytelling» plutôt que de montrer des objets, explique Francis Gabet. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. L’idée est de prendre le visiteur par la main pour lui raconter une histoire. Nous prévoyons des structures semi-permanentes, plus souples, pour pouvoir changer cette histoire au gré de l’actualité.»

Moins visible, mais peut-être plus fondamentale, la logique de réseau est appelée à se développer. Les expositions itinérantes organisées par le musée enregistrent 2 à 3 millions de visiteurs sur tous les continents et l’institution lausannoise est déjà le vaisseau amiral d’une galaxie de 80 musées olympiques à travers le monde. «Depuis trois ou quatre ans, nous commençons vraiment à échanger et à collaborer, poursuit Francis Gabet. Avant, il y avait peu de concertation. C’est logique, d’ailleurs, puisqu’en sport l’angle national est important. Mais notre nouvelle muséologie va pouvoir profiter à tous ces musées, en leur offrant un socle commun. C’est surtout grâce au numérique que nous pouvons désormais travailler en réseau.» Et le directeur de citer le «Digital Hyper Olympic Museum»: «L’idée, c’est de mettre sur pied le plus grand musée du monde. Un musée virtuel, bien sûr. Le concept est prêt, pour la réalisation il va falloir patienter encore deux ans.»

En attendant, la rénovation du Musée olympique lui permettra-t-elle de passer devant le château de Chillon et ses 330 000 visiteurs annuels? «Non, répond Francis Gabet. 200 000 visiteurs pour une ville de 130 000 habitants, c’est déjà pas mal. Notre objectif, c’est de faire un saut qualitatif, pas de battre des records.»

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