L’assouplissement des mesures proposées par le Conseil fédéral laisse entrevoir un retour à une certaine normalité dès la fin mai. Consultés sur cette nouvelle étape de réouverture, les cantons ne devraient pas s’y opposer, mais pourraient proposer quelques améliorations d’ici à l’annonce définitive du 26 mai.

Globalement, l’accueil réservé par les exécutifs romands aux assouplissements est bon. Si le ministre jurassien de l’Economie et de la Santé, Jacques Gerber, estime que «la réouverture des restaurants est une vraie prise de risque», il pense «que nous avons aujourd’hui les connaissances suffisantes pour la prendre». Le libéral-radical lance un appel à la population «à respecter les règles sanitaires», car «il ne faudrait pas que ces plaisirs partagés entre amis à une table de restaurant ne relancent l’épidémie».

Car tant que les personnes qui le souhaitent n’auront pas pu se faire vacciner, le risque que le virus circule demeure néanmoins. «Si tout va bien, Genève ouvrira la vaccination à partir de 18 ans dans le courant de la semaine prochaine», annonce le ministre de la Santé Mauro Poggia. En Valais, une conférence de presse est annoncée vendredi pour évoquer les prochaines étapes de la vaccination.

Les spécificités prises en compte

Président du Conseil d’Etat valaisan, Frédéric Favre se réjouit des mesures bénéfiques aux mondes du sport et de la culture, comme la hausse de la limite pour les événements publics. «Les spécificités des secteurs ont été prises en compte», se félicite-t-il.

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Un bémol toutefois selon l’élu valaisan: aucune adaptation n’a eu lieu en ce qui concerne le cadre familial, au sein duquel la jauge demeure à dix personnes. «A l’heure où des assouplissements sont annoncés et où la responsabilité individuelle sera plus importante que jamais, un geste aurait pu être fait à ce niveau-là», considère-t-il. Pour Jacques Gerber, «même si c’est difficile, il est normal de maintenir des restrictions strictes pour les réunions privées. C’est dans ces situations qu’il est le plus difficile d’assurer les gestes barrières. Le taux de contamination y reste important.»

«Aller plus vite n’aurait pas été raisonnable»

En prenant tous les éléments en considération, Mauro Poggia estime que «aller plus vite n’aurait pas été raisonnable». L’élu MCG rappelle que l’objectif est d’éviter les marches arrière contre-productives. Il ne faudrait également pas que les différentes étapes de la réouverture deviennent une cacophonie. La Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) insiste sur ce point et appelle, par exemple, «le Conseil fédéral à ne pas échelonner les adaptations des mesures de manière trop rapprochée».

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Dans un communiqué, la CDS estime que la population ou les professionnels des branches concernées ne peuvent pas «s’adapter toutes les deux ou trois semaines à de nouvelles mesures» et propose dès lors «des étapes d’ouverture moins nombreuses mais plus claires».