Dans un rapport publié l'an dernier, la Commission fédérale des banques avait fustigé les «erreurs crasses» de certaines banques, notamment le Credit Suisse, qui avait accepté sans rechigner 250 millions de dollars des enfants Abacha. Outre le parcours des 200 millions transmis de banque à banque (lire ci-dessus), son rapport omettait d'autres détails peu flatteurs pour certains établissements:

UBP: Avertie en 1995 par son service anti-blanchiment du caractère problématique de certains clients nigérians, la direction de la banque ne réagit pas. Au contraire, de nouveaux comptes sont ouverts pour les Abacha et la banque laisse l'argent repartir.

Banque Edouard Constant: En 1997, cette banque a accepté plus de 10 millions de dollars en liquide de la part d'un professionnel genevois du pétrole travaillant pour ses clients nigérians, sans faire de vérifications.