Ce mardi matin, les conseillers d’Etat vaudois annonçaient lors d’une conférence de presse les nouvelles mesures de restriction face au Covid-19. Des mesures que les représentants vaudois jugent «raisonnables». Etant donné que le canton de Vaud n’en a pas imposé de nouvelles depuis le port du masque dans les commerces, cette conférence était très attendue du public qui s’inquiétait du nombre de cas en augmentation dans le canton et du temps de réactivité des instances compétentes.

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Nouvelles mesures

La vie nocturne et les fêtes privées sont les clusters significatifs. Comme l’on pouvait s’y attendre, Vaud décide donc de refermer tous ses night-clubs et discothèques, un mois après Genève. L’obligation du port du masque entre en vigueur dans les bars, salons de jeu, cafés et restaurants pour le personnel et les clients. La consommation sera autorisée uniquement aux places assises et le dispositif d’identification devient obligatoire. Il en va de même pour ce qui est du masque dans les lieux publics fermés, comme l’a déjà fait la France, tels que les guichets (notamment des postes et des banques), les lieux culturels comme les bibliothèques, cinémas, théâtres et autres, les lieux de culte, les salles de sport, etc. En ce qui concerne les commerces, les mesures restent inchangées. Pour rappel, les commerces avec moins de dix clients doivent respecter la distance physique de 1,5 mètre et le masque est recommandé. Au-delà de dix clients, le port du masque devient obligatoire.

Au niveau des manifestations privées ou publiques, de nouvelles mesures s’appliquent également. Mauvaise nouvelle pour les futurs mariés, les fêtes privées sur invitation (mariages, anniversaires, baptêmes, etc.), qui étaient jusqu’alors autorisées sans restriction, sont dès lors limitées à 100 personnes maximum et le masque devient obligatoire dès 50 personnes, ainsi que la liste d’identification des participants. Pour ce qui est des manifestations publiques, celles-ci doivent être approuvées par les autorités compétentes en fonction du nombre de participants, après qu’une demande d’autorisation a été faite. Ces mesures entrent officiellement en vigueur ce jeudi 17 septembre à midi, et ce, jusqu’à la fin des vacances d’octobre (pour l’instant).

«Agir aujourd’hui pour éviter la paralysie demain», selon Philippe Leuba, ministre de l’Economie, justifierait ces mesures. Celui-ci rappelle les deux inquiétudes majeures de l’Etat, soit l’éventuel débordement des hôpitaux (qui ont repris à plein régime, même pour les opérations non urgentes) et, bien sûr, l’économie.

Flambée des cas dans le canton de Vaud

Il faut savoir que si le canton de Vaud a décidé de retrouver un maximum de liberté il y a quelques mois, le retour à la vie «normale» a engendré une nouvelle hausse des cas, ce qui place le canton comme le plus touché de Suisse, dans la liste rouge de certains pays étrangers. Les hospitalisations reprennent et touchent à nouveau les personnes à risque. Cependant, les conseillers d’Etat sont conscients qu’un second semi-confinement serait «très dur à supporter pour la population, dévastateur pour l’éducation et fatal pour l’économie». C’est pourquoi il a été décidé de prendre des mesures «graduelles», et le Conseil d’Etat compte sur le civisme de la population. Rebecca Ruiz rappelle que l’augmentation des cas positifs n’est pas seulement due à une augmentation des tests effectués (environ 14 000 par semaine), puisque le taux de positivité proportionnel aux tests augmente également.

Questions et incertitudes

Des questions se posent sur la rapidité du canton à réagir ou sur le contrôle du traçage. Les conseillers d’Etat répliquent que les mesures sont prises de façon ciblée et que l’on a tenté de maintenir une certaine «normalité» au maximum. Les équipes de traçage sont débordées par le nombre de cas, mais le traçage serait «sous contrôle».

Si la vie sociale privée est directement touchée à l’inverse de manifestations sportives, Philippe Leuba justifie cette restriction significative par le comportement: «Le comportement du spectateur et celui du participant à un mariage sont objectivement différents. Les supporters du LHC ne prennent pas dans les bras les supporters du Genève-Servette, contrairement aux familles.»

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