Les partisans de l’énergie atomique se frottent les mains. Coup sur coup, alors que la Suisse a formellement décidé de sortir du nucléaire, deux décisions politiques leur fournissent des arguments pour relancer le débat sur l’importance du courant fourni par les réacteurs. D’un côté, le peuple a refusé la loi sur le CO2, qui devait faire la part belle à la promotion des énergies renouvelables. De l’autre, le Conseil fédéral a enterré l’accord-cadre et ainsi mis un terme aux négociations menées avec l’UE pour la conclusion d’un traité sur l’électricité. Cette situation risque de compliquer les importations de courant, notamment en hiver.

Le conseiller national Erich Hess (UDC/BE) a saisi la balle au bond. Le dernier jour de la session d’été des Chambres fédérales, soit quelques jours après le rejet de la loi sur le CO2, il a déposé une motion qui demande de lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Il souligne que l’énergie nucléaire permet de produire de l’électricité en générant moins d’émissions de CO2 et que la demande croissante de courant électrique, pour la mobilité ou les pompes à chaleur, exige de compléter l’apport de l’énergie hydraulique par de nouveaux moyens.