Le débat sur l’énergie nucléaire, avec sanction populaire, revient sur le devant de la scène. Le 13 février, les citoyens du canton de Berne diront s’ils soutiennent la construction de nouvelles centrales en Suisse, dont une sur leur territoire, entre Berne et Morat, à Mühleberg, en remplacement de l’actuelle qui date de 1972. Le scrutin n’a qu’une valeur consultative, mais il permettra de prendre le pouls de l’opinion sur le nucléaire. Le même jour, Jurassiens et Nidwaldiens donneront également leur avis. D’autres cantons voteront par la suite. L’opinion des cantons recueillie, le Conseil fédéral prendra position en 2012, le peuple suisse aura le dernier mot en 2013 ou 2014.

Parce qu’il est un grand canton de près d’un million d’habitants, directement concerné et parce que le débat interne y est vif sur le sujet, Berne fournira une précieuse indication. Ce d’autant qu’en 1990 et 2003, il a voté comme le reste de la Suisse. Berne a rejeté l’abandon du nucléaire en 1990 à 51,5% (52,9% au plan national) et accepté le moratoire de dix ans par 56,7% (54,5% en Suisse). En 2003, l’initiative «sortir du nucléaire» était balayée en Suisse par 66,3% et par 67,5% des Bernois. La prolongation du moratoire était refusée par 58,6% des Bernois et 58,4% des ­Suisses.

Les électeurs bernois trancheront un débat qui oppose le Conseil d’Etat à majorité rouge-verte qui ne veut pas de nouvelle centrale et le Grand Conseil, dominé par les élus bourgeois, favorable (91 voix contre 53) à un préavis cantonal positif pour le remplacement de Mühleberg.

En 2009, les Forces motrices bernoises, qui portent le projet de nouvelle centrale sur l’Aar, ont fait sonder la population locale. 55% des habitants des huit communes voisines y sont favorables, c’est même 65% de oui à Mühleberg (2650 habitants).