Alors que le président du Conseil d'Etat zurichois, Christian Huber, s'efforce de faire passer le message aux Romands que les approches par le sud de l'aéroport de Zurich ne sont pas un problème des riches riverains de la Goldküste, les riverains des autres points cardinaux se déchaînent dans la rubrique des lettres de lecteurs du Tages-Anzeiger. Les compatriotes welsches enclins à s'adonner à la «joie maligne» dénoncée par Christian Huber sont des enfants de chœur à côté de leur ton militant.

Une habitante de Bassersdorf (est) déclare: «Le non catégorique de Zurich empêche toute solution équitable. Je vais tirer les conséquences. Pourquoi devrais-je encore aller faire mes achats à Zurich alors que Winterthour (est, ndlr) et Bülach (nord, ndlr) offrent tout ce dont on peut avoir besoin?» Un citoyen de Oberglatt (ouest) renchérit: «Des milliers d'habitants au nord et à l'ouest de l'aéroport doivent supporter le bruit depuis des années. Ces gesticulations de protestation, couplées avec des demandes de dédommagement en prévision de plusieurs milliards, sont une véritable provocation.» Le nord n'est pas en reste: «Les déclarations du maire populiste Ledergerber, bien dans le style du citadin zurichois arrogant, ne sont pas sérieuses, et ridicules. Le quartier de Schwamendingen n'est touché que marginalement. Et ne parlons pas de Witikon. Il faut le dire: à part quelques vols en début et en fin de journée, les avions continuent à atterrir à la cadence d'une minute par le nord. Et s'ils n'atterrissent pas, ils décollent. […] Les citoyens de la ville de Zurich font aussi preuve d'ironie lorsqu'ils évoquent le risque de crash. Qu'est-ce qui est plus grave: un appareil qui décolle plein de carburant, ou un qui atterrit les réservoirs vides?» se demande cet habitant de Weiach (nord-ouest).

Pour une citoyenne de Bülach (nord), le sud ne sait que protester avec fracas: «Au nord, nous devons supporter, en plus des atterrissages de toujours, des décollages supplémentaires. Alors que dans un rayon de 270 degrés autour de l'aéroport, on discute de la manière des possibilités de limiter les mouvements, de garantir une période de calme suffisante pendant la nuit, de répartir les phases de bruit, que fait le sud? Il crie seulement non: rebelle, égoïste, antipathique.» Un lecteur de Niederweningen (ouest) est prêt à faire l'échange: «Que Zurich prenne les décollages qui font plus de bruit, et nous laisse les atterrissages.» Le responsable du courrier des lecteurs au Tages-Anzeiger souligne que l'aéroport est le thème numéro un, et que le flot des lettres ne tarit pas, malgré la pause de l'été.