Rentrée

Numérique à l’école: les enseignants romands réclament plus d’harmonisation

Le syndicat romand des enseignants demande qu’un effort soit fourni par les cantons pour coordonner l’emploi du numérique dans leurs écoles. D’une région à l’autre, les nombres d’heures de cours et les programmes sont très disparates

Avant la rentrée scolaire 2019, le Syndicat des enseignants romands (SER) liste quelques dossiers lui semblant prioritaires pour gommer les disparités des chances de succès des écoliers de Suisse romande. Alors que les politiques de formation et d’enseignement sont cantonales, la Convention scolaire romande tente de coordonner les efforts pour développer une école plus uniforme. L’adoption en novembre dernier d’un plan d’action en faveur de l’éducation numérique va dans ce sens. Cependant, déplore le syndicat, son application varie d’un canton à l’autre.

Un responsable numérique par école

Dès la rentrée, certains cantons – comme Berne – ajouteront quatre heures d’enseignement numérique à leur grille horaire. D’autres ont des écoles qui proposent le minimum, soit des ordinateurs sans mises à jour qui vieillissent dans un coin. «Les volontés affichées par certains cantons d’aller plus vite au détriment d’une harmonisation doivent être abandonnées, souligne Samuel Rohrbach, président du SER. Si nous voulons réussir une Ecole 4.0, nous devons mettre les moyens financiers en place et les assurer sur une longue période. Nous demandons la mise en place d’une formation romande de responsables numériques pour les écoles et la formation des enseignants doit elle aussi être renforcée.» Le syndicat réclame encore de l’aide matérielle, soit des supports d’enseignement «clés en main» pour ses enseignants et une centrale romande d’achat et de gestion afin d’assurer un suivi technique efficace des outils numériques.

La santé des enseignants

Autre sujet abordé par le syndicat des enseignants afin que l’année scolaire 2019-2020 se déroule au mieux: la santé des professeurs et leurs heures supplémentaires. Selon ses représentants, les autorités cantonales devraient réfléchir à des mesures pour diminuer le stress au travail et prévoir la mise en place d’une formation de responsables santé pour les établissements scolaires. Elles sont également priées de prendre en compte les heures de travail offertes aux collectivités publiques en mettant en place «des solutions simples à travers les cahiers des charges».

Réforme de l’orthographe

En 2002, la Conférence intercantonale de l’instruction publique (CIIP) a publié des recommandations sur les rectifications orthographiques du français. Depuis, un flou certain existe en la matière: ces principes ne sont pas appliqués dans les moyens d’enseignement, les élèves et les enseignants oscillent entre deux systèmes de pratiques. Pour le syndicat, il faut donc profiter de la rédaction des nouveaux moyens d’enseignement pour régler une fois pour toutes ce problème.

Lire à ce propos: L’école fait un pas de plus vers la gratuité totale

L’arrêt du Tribunal fédéral sur la gratuité de l’école a montré ces dernières années une «cantonalisation» de son application, a encore déclaré Samuel Rohrbach. «Au niveau de la culture, des négociations pour un accès gratuit pour les écoles doivent être menées avec l’association suisse des musées. Il existe une crainte bien réelle de voir les activités muséales diminuer au sein des écoles par manque de ressources financières.»

Le Syndicat des enseignants romands a enfin félicité la disposition genevoise unique en Suisse, conçue pour lutter contre le décrochage. «La Suisse ambitionne d’avoir 95% de jeunes avec une formation de niveau secondaire II. Cet objectif ne pourra être atteint qu’en mettant en place la formation obligatoire jusqu’à 18 ans comme l’a fait Genève», a conclu Samuel Rohrbach.

Lire aussi: La formation obligatoire jusqu’à 18 ans entre en vigueur à Genève

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