Rencontre

Nuria Gorrite aux gymnasiens: «Ne laissez pas les autres décider à votre place»

La présidente du gouvernement vaudois a rencontré lundi près d’une centaine d’élèves du Gymnase intercantonal de la Broye. C’est l’un des échanges entre jeune public et politiciens mis sur pied par «Le Temps» à l’occasion de son 20e anniversaire

«Intéressez-vous à la politique, sinon ce sont les autres qui prendront les décisions à votre place.» C’est l’invitation que Nuria Gorrite, la présidente du gouvernement vaudois, a lancée lundi à près d’une centaine d’élèves du Gymnase intercantonal de la Broye, à Payerne (VD), lors d’une rencontre organisée par Le Temps à l’occasion de ses 20 ans.

Répondant à une question sur ses débuts en politique, la conseillère d’Etat socialiste a expliqué qu’elle avait d’abord milité à Amnesty International, mais que c’est une décision choquante à ses yeux du conseil communal de Morges qui l’avait poussée à s’engager dans la politique institutionnelle. Fille d’­immigrés espagnols, Nuria Gorrite s’est toujours senti le cœur à gauche, le choix d’un parti de gouvernement s’expliquant par sa volonté de «changer le monde pour de vrai».

La ministre vaudoise a encouragé en particulier les gymnasiennes à prendre leur place, «même s’il faut la prendre à quelqu’un dans un monde politique où il y a 70% d’hommes et où la difficulté est d’imposer sa légitimité». «Voilà ce qu’on ne demande jamais à un homme», répond-elle à une question sur les difficultés de concilier politique et vie familiale.

«Quelqu’un pour tenir la barre au Conseil d’Etat»

«Aujourd’hui, quelles sont vos ambitions en politique?» lance une jeune fille à la présidente du gouvernement vaudois. «Mon parcours politique a été une succession d’opportunités, commence par répondre celle-ci. Aujourd’hui? Le Conseil d’Etat sera confronté prochainement à plusieurs successions. Il faut quelqu’un pour tenir la barre!»

La discussion, à laquelle ont pris part quatre classes de gymnasiens, a porté entre autres sujets sur le harcèlement, le prix du train, l’utilisation des réseaux sociaux. Au sujet de ces derniers, Nuria Gorrite encourage les jeunes à «dépasser l’instant émotionnel» pour enrichir la démocratie grâce à une réflexion plus approfondie.

Face à un gymnasien qui s’inquiète que «40% des jobs seront supprimés par la robotisation», elle se veut rassurante: «D’autres études prévoient plutôt que 10% des emplois actuels disparaîtront complètement. Mais il est sûr que les métiers, quels qu’ils soient, vont évoluer.» Un enjeu financier majeur se profile à l’horizon, ajoute-t-elle: «Contrairement à la formation de base, la formation continue n’est pas financée par l’Etat, dans le système actuel, mais par l’employeur et par vous-mêmes.» «Le vieillissement de la population, la révolution numérique et la sauvegarde de notre environnement, ce sont les trois grands défis dont vous serez les acteurs», lance-t-elle aux jeunes en guise de conclusion.

Consultez notre page spéciale consacrée à la cause défendue par «Le Temps»: La Suisse, laboratoire politique

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