Fonds routier

Nuria Gorrite: «Il faudra rendre le nouveau contournement de Morges acceptable»

La conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite s’est engagée en faveur du Forta. Elle avait pu convaincre plusieurs élus socialistes qui s’étaient opposés à ce projet au parlement fédéral avant de changer d’avis. Elle se réjouit du résultat

Le Temps: Le fonds routier a obtenu un soutien de 74% dans le canton de Vaud et de 77% à Morges. Est-ce une bonne nouvelle pour les pendulaires lémaniques?

Nuria Gorrite: Ah! oui. Ce résultat démontre qu’il y avait de fortes attentes dans cette partie du pays. La Suisse romande, le canton de Vaud, l’Ouest lausannois ont connu une croissance incroyable, mais les infrastructures n’ont pas suivi. J’observe que ce résultat est très similaire à celui du fonds ferroviaire en 2014.

– Ce vote est-il le feu vert au grand contournement autoroutier de Morges?

– Il montre que les Morgiens sont dans l’attente d’une solution. Ils souffrent de l’actuelle autoroute à ciel ouvert qui coupe la ville en deux et du trafic pendulaire qui provoque des nuisances et du bruit. L’Office fédéral des routes doit passer de la phase des grands principes à celle d’un projet concret. Mais il faudra construire son acceptabilité dans la région, car des craintes se sont aussi exprimées dans les communes riveraines de la future ceinture. C’est à l’Ofrou d’aller de l’avant, mais j’ai toujours dit que je l’accompagnerais. Il doit commencer par relancer le groupe qu’il avait constitué pour mener l’étude d’opportunité à l’époque où j’étais syndique de Morges. Cette étude a démontré que le statu quo était pire que toutes les autres variantes.

Voir aussi: Notre analyse du vote sur le Forta

– Les opposants de gauche estimaient que le Forta n’attribuait pas assez de moyens au trafic d’agglomération. Comprenez-vous cette position?

– Au départ, j’avais espéré davantage pour les agglomérations. Mais le projet sur lequel on a voté est un bon compromis. Des 3 milliards annuels du fonds routier, 2,2 seront réservés à l’entretien du réseau. Des 800 millions à disposition pour de nouvelles réalisations, 390 seront affectés aux projets de mobilité dans les agglomérations. On ne peut pas parler de portion congrue. Au contraire, c’est très réjouissant.

– On a maintenant un fonds routier et un fonds ferroviaire dans la Constitution. Cela scelle-t-il durablement la paix des transports?

– C’est une paix de principe, puisque l’égalité de traitement entre les deux modes de transport est ancrée dans la Constitution. Mais je ne me fais pas d’illusions. Chaque projet concret donnera lieu à de grandes discussions et à des contestations. Nous n’avons donc pas définitivement enterré l’opposition entre la route et les transports publics.

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