Il n’y aura très vraisemblablement pas de commission d’enquête parlementaire (CEP) sur l’affaire UBS, même si le PS et l’UDC continuent à en réclamer l’instauration. Les démocrates-chrétiens, qui sont en mesure de faire une majorité au Conseil des Etats avec les libéraux-radicaux eux-mêmes opposés à une CEP, en détiennent les clés. Or, leur groupe parlementaire a décidé mardi, à une majorité des deux tiers, que le rapport des commissions de gestion était suffisant.

«Au lieu de mettre encore une année à clarifier et à confirmer les lacunes qui sont connues aujourd’hui», ils proposent de mettre en œuvre ses recommandations sans plus attendre. A commencer par la recherche de la plus grande transparence sur la façon dont UBS a géré la crise des «subprime» et mené ses affaires aux Etats-Unis, ainsi que sur la décision du conseil d’administration de la banque de ne pas entamer de procédures pénales et civiles contre ses anciens cadres.

Les commissions de gestion, argumente le chef du groupe, le Fribourgeois Urs Schwaller, sont allées aux limites de ce que peut faire une commission parlementaire. Ce qui intéresse l’opinion, c’est ce qui s’est passé à UBS, c’est notamment de savoir s’il y a eu d’autres liens entre la banque et les autorités. Une CEP n’aurait pas plus de moyens de le découvrir.

Le PDC se plaît à rappeler que la responsabilité principale de toute cette débâcle revient à UBS. «Elle doit des réponses à l’opinion publique et il s’agira de la mettre sous pression pour qu’elle les donne», affirme Urs Schwaller, qui attend également de la Confédération qu’elle facilite l’ouverture de procédures civiles ou pénales contre les anciens dirigeants de la banque.

Le PLR utilise pour sa part la même approche, en demandant qu’UBS confie à un comité d’experts indépendants le soin de faire toute la lumière sur ses activités aux Etats-Unis. Formellement, un débat sur la constitution d’une CEP devrait avoir lieu dans les deux Chambres.